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Malgré
une croissance économique au beau fixe, les Roumains continuent de se
plaindre du niveau de leur salaire qui stagne, alors que le coût de la
vie augmente… Les perspectives ne sont pourtant guère prometteuses
Bucarest, ville de contrastes... Les différences de niveau de vie se retrouvent dans l'architecte des bâtiments (photo LPJ)
D’après une étude récemment rendue publique par l’Institut national des statistiques, 62,2% des Roumains estiment que leur situation financière n’a pas changé depuis l’année dernière et seuls 8,7% considèrent qu’elle s’est améliorée.
Et pourtant, malgré les résultats très moyens du secteur agricole, touché par les inondations et la grippe aviaire, l’économie n’a cessé de croître à près de 5%. Le secteur des services notamment est en pleine expansion, tout comme celui de la construction. Sans parler des investissements étrangers qui continuent d’affluer…
En mars, le salaire moyen net a été de 236 euros, en progression de 8% par rapport au mois précédent. Cependant la vie devient toujours plus chère. Depuis plusieurs mois, les prix à la consommation ont connu une augmentation douce mais continue - le taux moyen d’inflation pour le premier trimestre 2006 a été de 0,6%. Conséquence d’un manque de moyens chronique, moins de 5% de la population aurait assuré son logement. Reste qu’une large part de l’économie du pays est considérée ¨grise”, c’est-à-dire non déclarée. D’ailleurs, légèrement plus de la moitié des Roumains affirment que leur salaire est leur seule source de revenus. Manque de productivité et de performances Mais comment expliquer que ces salaires n’augmentent pas plus vite? Selon Constantin Rudnitchi, rédacteur en chef de la revue économique Bilant, l’une des raisons se trouve dans le fonctionnement même des entreprises roumaines : “D’un côté, les Roumains ont raison, leurs salaires sont bien trop faibles par rapport aux coûts des utilités publiques qui égalent celles d’Europe de l’Ouest. De l’autre, les salariés oublient trop souvent que les performances économiques de la Roumanie sont différentes de celles enregistrées dans les pays de l’Union européenne. Il ne s’agit pas des performances générales du pays mais plutôt de celles des entreprises roumaines. Une société qui n’obtient pas de bénéfices suffisants et dont la gestion n’est pas performante ne peut pas octroyer de salaires décents. Il faudrait avant tout repenser le mode de fonctionnement de nos entreprises”.
Ajouter à cela une crainte historique de l’inflation, les Roumains vont devoir s’armer de patience malgré la perspective de l’entrée dans l’Union européenne. Le gouvernement l’a d’ailleurs répété, les fonds de Bruxelles ne serviront pas á augmenter les salaires… L.C. (LPJ) – vendredi 12 mai 2006
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