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Elu hier par les
grands électeurs, Giorgio Napolitano est le premier ancien communiste à
accéder à la Présidence de l'Italie. Très impliqué dans la vie
politique dès l’âge de 20 ans, il a contribué à la réforme du Parti
communiste italien et à la création du Parti des démocrates de gauche.
Un parcours étonnant…
Napolitano a un côté poète… (photo AFP)
L’Italie connaît enfin le nom de son nouveau Président. Après quatre scrutins, Giorgio Napolitano, démocrate de gauche a obtenu hier 543 voix, soit presque 40 de plus que la majorité absolue requise au quatrième vote. Très populaire, il a longuement été applaudi par le Parlement. Principalement honorifique, la fonction de président lui donne cependant le pouvoir de dissoudre le Parlement et de convoquer de nouvelles élections, un rôle crucial alors que la gauche n’a obtenu qu’une victoire serrée le 10 avril.
C’est la première fois qu’un ancien communiste accède au poste de Président en Italie. Celui que l’on surnomme le "Roi Humbert" ou "Prince rouge" - pour sa ressemblance physique avec le dernier roi d’Italie, était déjà le premier ancien communiste à occuper le poste de ministre de l’Intérieur, sous le gouvernement Prodi de 1996 à 1998.
Le réformateur du Parti
Né en 1925 à Naples, résistant pendant la Seconde guerre mondiale, il s’est inscrit au Parti communiste italien dès l’âge de 20 ans. Elu très jeune député, en 1953, il a depuis toujours été réélu.
Au sein du Parti communiste italien, il a incarné le courant des "miglioristi", ces partisans du renoncement à la révolution mais toujours décidés à "améliorer" la société, en rendant le capitalisme plus humain. Il fallait un courage certain pour défendre cette ligne réformiste au PCI dans les années 80. Il a finalement obtenu la création du Parti des démocrates de gauche (PDS), abandonnant ainsi le terme de "communiste". Il a ensuite contribué à rompre l’isolement du parti, accepté au sein du Parti socialiste européen en 1989. En 2005, Carlo Azeglio Ciampi, le Président sortant, l’avait nommé sénateur à vie.
Dans sa jeunesse, il a été acteur de théâtre et a publié un recueil de sonnets, en dialecte napolitain, sous le pseudonyme de Tommaso Pignatelli. Un nom que les Italiens connaissent moins…
Corentine GASQUET - LPJ Milan - jeudi 11 mai 2006
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