|
La scène politique roumaine est plus que jamais agitée. D'un côté, les tensions montent au sein du pouvoir. De l'autre, le Parti social démocrate (PSD, opposition) serre la main à l'extrêmiste Corneliu Vadim Tudor
Le siège du Parti démocrate (PD) à Bucarest (photo LPJ)
“Le système partitocratique que nous avons en Roumanie (pouvoir détenu par les partis, ndlr) est encore très présent. Les alliances se font et se défont, tout est instable, cela dépend de l’enjeu”, affirmait le politologue Cristian Pîrvulescu au LJP il y a quelques semaines. Aujourd’hui le tableau de la scène politique roumaine confirme son commentaire : rien ne va plus entre le Parti national libéral (PNL) du Premier ministre Calin Popescu Tariceanu et le Parti démocrate (PD) du président Traian Basescu, qui forment ensemble l’Alliance Justice et Vérité (D.A.) au pouvoir depuis janvier 2005.
Invité lundi soir à l'émission "Zece fix" de la chaîne RealitateaTv, le Premier ministre a admis qu'il y avait certains désaccords entre lui et le président mais que cela ne pouvait contrarier leur responsabilité à diriger le pays. Il a fait un appel au calme au sein de l'Alliance, et mis en garde contre les "spéculations d'élections législatives anticipées. Nous avons été élus ensemble pour quatre ans, et il est essentiel que le pays poursuive ses réformes sans trop de chamboulements politiques", a-t-il déclaré.
Accords et désaccords
Pendant ce temps, de l’autre côté de l’échiquier politique, une collaboration s'ébauche sans se mettre officiellement en place. Le Parti social démocrate (PSD, opposition) prépare la signature d’un protocole de collaboration parlementaire avec le Parti de la Grande Roumanie (PRM), dont le chef de file, Corneliu Vadim Tudor, connu pour ses diathribes xénophobes, collectionne les amitiés avec nombre de leaders d’extrême droite dans plusieurs pays d’Europe.
Pour le président du PSD et ancien ministre des Affaires étrangères Mircea Geoana, ce protocole de collaboration ne serait autre qu’”un accord officiel entre deux partis d’opposition qui ont pour objectif principal la rédaction de motions de censure (…) Il ne s’agit pas de relations politiques”.
L.C. (LPJ) avec l'agence Rador – mercredi 10 mai 2006
|