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A l’heure où la France surveille de près ses frontières, l’Espagne, elle, les ouvre toutes grandes aux immigrés des pays de l’est. Des politiques sur l’immigration radicalement opposées qui devront être harmonisées au niveau européen
Photo Euronews
Les lois sur l’immigration font débat au sein du Parlement européen. Et, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elles opposent radicalement la France et l’Espagne. Dans son nouveau projet de réforme sur la politique d’immigration, Nicolas Sarkozy, ministre de l’intérieur français, va dans le sens d’un durcissement de la législation. Il souhaite "une immigration choisie plutôt que subie". Autrement dit, un contrôle plus rigoureux des mariages, un tri sélectif des immigrés, et une augmentation des objectifs à atteindre en terme d’expulsions pour 2006.
Enfin, la France fait ainsi partie des trois pays européens- Belgique – Luxembourg – Italie - qui maintiennent encore des restrictions face aux dix nouveaux pays de l’Union Européenne.
L’Espagne, numéro un de l’immigration
A l’inverse, depuis le 1er mai, coïncidant avec la journée internationale du travail, les barrières se sont largement ouvertes en Espagne – ainsi qu’en Irlande, Royaume Uni, Suisse, Portugal, Grèce, Finlande- pour les immigrants venus des pays de l’Est de l'Europe. Dorénavant, n’importe quel citoyen provenant de l’Union Européenne, aura les mêmes droits qu’un travailleur espagnol.
Mais cette ouverture n’est pas nouvelle. L’Espagne est en effet depuis longtemps le principal récepteur d’immigrés, européens ou non, soit plus de trois millions en cinq ans. On peut attribuer ce chiffre à sa forte croissance économique depuis dix ans, à la couverture médicale de base et à l’accès à l’école publique garantis pour les immigrés et leur famille et surtout à sa politique massive de régularisation.
La Catalogne est un bon exemple de cette ouverture d’esprit. La Généralitat vient en effet d’allouer à la Mairie de Barcelone la somme de 964.000 euros pour l’aider à gérer l’accueil et l’intégration des immigrés. Dans le même temps, la Commission Européenne a annoncé la semaine dernière l’entrée en vigueur d’un texte, visant à faciliter les formalités administratives pour les sept millions d’Européens vivant dans un pays différent du leur. Cette directive vise avant tout à promouvoir la liberté de circulation et de résidence à l’intérieur de l’Union Européenne.
Une idée à laquelle la France devra s’habituer, si elle ne veut pas avoir à s’opposer à la très grande majorité des pays membres.
Sabrina KHENFER. (LPJ) 8 mai 2006
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