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En Italie, le Président de la République occupe une fonction beaucoup moins importante que le Président du Conseil. Il a cependant le pouvoir de demander de nouvelles élections, un enjeu majeur compte tenu de la faiblesse de la nouvelle coalition de gauche
Photo quirinale.it - Palais du Quirinale à Rome, siège de la Présidence
Ce ne sera pas Carlo Azeglio Ciampi. A 85 ans, il a refusé de se présenter une nouvelle fois à la présidence de la République, malgré sa popularité. Gianni Letta, le candidat de Silvio Berlusconi ? Massimo D'Alema, ancien communiste et président des Démocrates de gauche ? Giuliano Amato, du centre gauche ? La gauche et la droite cherchaient hier encore un consensus pour le vote du Président aujourd'hui (voir encadré). En effet, la Présidence de la République représentera dans les mois à venir un enjeu important pour la politique italienne.
D’après la Constitution de 1948, le Président de la République occupe la fonction de chef de l’Etat et représente l’unité nationale. Mais son rôle n’est pas seulement honorifique : il peut dissoudre le Parlement.
Or, la fragilité de la coalition de Romano Prodi pourrait très bien provoquer une chute du gouvernement, le Président étant ensuite libre d’organiser ou non de nouvelles élections. Silvio Berlusconi, qui entend revenir à la tête du gouvernement, cherche à mettre en avant un candidat qui serait prêt à demander un nouveau vote.
Le Président du Conseil a le dernier mot
Autre pouvoir important, le Président de la République promulgue les lois et décrets. Il peut demander aux chambres parlementaires une nouvelle délibération sur des lois approuvées.
En décembre 2003, Carlo Azeglio Ciampi avait refusé de valider la loi Gasparri sur la réforme du système audiovisuel, destinée à réduire les limites antitrust et à protéger la chaîne Rete 4, qu’une décision de la Cour constitutionnelle obligeait à transférer au réseau satellite. Cependant, malgré ce nouvel examen du texte, Silvio Berlusconi, avait obtenu de nouveau le vote du parlement, passant en force et contraignant le Président à promulguer la loi.
Son pouvoir de promulgation contient en effet une limite de taille, il ne peut s’opposer deux fois à une même loi.
Corentine GASQUET - LPJ Milan - lundi 8 mai 2006
Le vote s’annonce tendu
Le Président est élu pour sept ans par les 1.010 grands électeurs, c’est-à-dire les élus de la Chambre des députés (650), les sénateurs (315 sénateurs, plus les anciens présidents et cinq sénateurs à vie nommés par le Président) et les vingt représentants des régions. Les trois premiers tours se votent à la majorité des deux tiers, le quatrième à la majorité simple. En 1999, Ciampi avait été élu dès le premier tour. En 1992, il avait fallu treize jours pour élire Oscar Luigi Scalfaro. Cette fois-ci, la partie s’annonce tout aussi serrée. Avec 540 voix, la gauche reste certaine de l’emporter au quatrième scrutin. Mais Romano Prodi, qui a gagné de justesse les élections, souhaite probablement éviter une longue bataille parlementaire. (LPJ - 8 mai 2006)
A consulter sur Internet : la Constitution italienne |