On ne parlera pas catalan au Parlement européen. L'assemblée de l'UE a refusé la proposition du gouvernement espagnol demandant l’utilisation des langues espagnoles non officielles au sein de l'institution communautaire
Josep Borrell, Président du Parlement Européen
Coup dur pour le catalan : l'assemblée de l'UE a refusé la semaine dernière la proposition du gouvernement espagnol destinée à permettre l’utilisation des langues espagnoles non-officielles au sein de l'institution communautaire. La proposition a été rejetée suite au vote du président et des vice-présidents de la Chambre européenne.
Pour seulement sept voix contre six, les Catalans et autres communautés linguistiques d’Espagne (Galiciens, Basques et Valenciens) ne pourront donc pas correspondre avec le Parlement européen dans leur langue maternelle... ni envoyer ou recevoir du courrier dans une autre langue que le castillan. Le Parlement devient de ce fait la seule institution clé de l’Union Européenne à refuser ce droit aux habitants et députés espagnols.
Un problème espagnol et non européen
Le soutien du président du Parlement, Josep Borrell, lui-même catalan, n’aura donc pas suffi pour mener à bien ce projet. Du côté des opposants les plus farouches, Mario Mauro, l’un des 14 vice-présidents du parlement, appartenant au Parti Populaire européen, estime que si le gouvernement espagnol souhaite l’utilisation de ces langues à la chambre européenne, il lui suffit de déclarer l’indépendance de la Catalogne, du Pays basque et des autres communautés. Elles pourront ainsi être incorporées en tant qu’Etats à l’Union Européenne et utiliser leurs langues vernaculaires comme langues officielles.
Plus modéré, l’ex-président du Parti populaire de Catalogne, Alejo Vidal, l’un des membres à avoir voté contre ce projet, révèle les difficultés déjà existantes à fonctionner correctement avec les 21 langues officielles parlées au sein de l’Union Européenne. Enfin, le parti conservateur estime qu’il n’est pas dans les attributions du Parlement européen de régler les problèmes politiques du gouvernement espagnol.
Parallèlement à ce refus, le Parlement européen a voté jeudi 27 avril la création d’un indicateur de compétences linguistiques entre les 25 membres, afin de comparer leurs usages et leur politique relative aux langues. Le parlement estime que pour bien faire, chaque habitant de l’Union européenne se doit de maîtriser au moins deux langues, en plus de celle de son pays d’origine.
Sabrina KHENFER. (LPJ) 2 mai 2006
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