Mardi, 14 Février 2012

 

A l'occasion de la Fête de la Francophonie 2010, les élèves des établissements Lycée Al Horreya "Zamalek" et "Bab el louk" ainsi que l'Ecole Expérimentale du Caire ont participé à un concours de traduction au cours duquel ils ont pu se révéler en mettant à l'honneur la langue française et ses richesses

Dans une grande cérémonie qui a eu lieu le 21 mars, au CFCC, où a régné l'esprit de compétition, les jeunes lauréats francophones ont défilé en file indienne pour s'offrir leurs lots. Le Prix de "Traducteur en herbe" a été attribué au Lycée "Zamalek". De nombreuses personnalités dont le directeur du centre culturel français, l'ambassadeur suisse, les deux écrivains égyptiens : Alaa Aswany et Bahaa Taher, les chefs d'établissements… ont assisté à la fête.

Se faisant aider par leurs professeurs, en consultant les dictionnaires, l'internet, les élèves du cycle secondaire ont réussi à traduire deux nouvelles parues en 2009 : Chiens boxer de toutes les couleurs, tiré de "J'aurais voulu être égyptien" d'Alaa Aswany et Comment tu t'appelles, extrait de "Lam arrif an al-tawawis tatir" (je ne savais pas que les paons volaient) de Bahaa Taher. La traduction est sortie dans un petit livret, vendu à 10L. au profit de l'Association égyptienne des professeurs de français.

Photos LPJ - La fête de la Francophonie façon Le Caire

Le jury était composé de personnes venant d'horizons divers : traducteurs, universitaires, journalistes, professeurs de français… Les deux écrivains ont été finalement très contents du niveau remarqué de ces jeunes talents qui ont saisi l'instant, profitant de la présence des auteurs égyptiens, pour satisfaire leur curiosité.

Elèves, professeurs, auteurs… enfin, tous avaient quelque chose à dire, ce soir là, essayant d'exprimer leur attachement au monde francophone et à la langue française, preuve de sa force du rayonnement.

Asmaa El Dib, chef d'établissement de L'Ecole Expérimentale du Caire, la seule grande école gouvernementale où le français jouit du statut de la première langue, était transportée de joie : "Je suis très fière de mes élèves. Ils étaient courageux, hardis. Ils ont posé la plupart des questions. Nous avons pu, en quelque sorte, affirmer notre présence". Et de poursuivre : "La francophonie pour moi est toute une vie pleine de culture, de connaissance, de joie. Je suis une amatrice de la France. J'entretiens des relations fortes avec les membres du CFCC et suis de près les activités du centre. D'ailleurs, ici,  ils sont tous mes amis".

Ancien élève du Lycée "Bab el louk", Aswany a notamment rappelé l'influence de La Bruyère sur lui : "J'ai appris qu'on peut dessiner un personnage en écrivant. J'ai également appris à accepter la différence. La langue française est beaucoup plus qu'une langue, elle est une vision, une culture. Celle qui enseigne la tolérance,  la liberté et la démocratie. Etre francophone, c'est être en relation avec cette culture humaine. Et ça on en vraiment besoin en Egypte".

Nihad ATTAR (www.lepetitjournal.com - Le Caire - Alexandrie) mardi 30 mars 2010