Mardi, 14 Février 2012


Dominique de Villepin, Patrick Sébastien : deux hommes, deux styles, et deux nouveaux mouvements pour faire bouger les choses. L'un veut se venger de Sarkozy, l'autre veut un peu plus d'humanité en politique. Ont-ils une chance de troubler le traditionnel duel PS-UMP à la prochaine présidentielle ?

Villepin, le Monte Cristo de l'UMP
L'ancien Premier ministre (AFP), traîné dans la boue lors de l'affaire Clearstream, est prêt à prendre sa revanche électorale. Dominique de Villepin a confirmé hier la création de son propre mouvement politique. A l'automne dernier, le dauphin de Jacques Chirac avait préparé son come-back en créant le club Villepin, un rassemblement d'aujourd'hui 15.000 villepenistes. Peu d'élus UMP font partie des amis si ce n'est Hervé Mariton, François Goulard, Marie-Anne Montchamp, Jean-Pierre Grand ou encore le nouveau secrétaire d'Etat à la Fonction publique, Georges Tron. Alors qu'on envisageait un temps que le mouvement villepeniste puisse faire partie de l'UMP, l'ancien Premier ministre veut ratisser plus large et ne peut imaginer devoir suivre les directives d'un président qu'il tient personnellement responsable de la chute de la droite lors des dernières régionales. Dominique de Villepin s'est dit "mal à l'aise dans la politique qui est menée aujourd'hui" et fait le vœu d'une "République solidaire". La guerre Villepin/Sarkozy est donc bien déclarée. Le parti villepeniste ne sera officiellement baptisé et lancé qu'au mois de juin lors de la prochaine réunion du club.    

Sébastien, l'humoriste utopiste

Patrick Sébastien (AFP) avait solennellement annoncé en novembre dernier la création prochaine d'un "rassemblement humaniste". Le touche-à-tout du divertissement a choisi le 24 mars pour présenter ce mouvement citoyen "de pression" le Dard "Droit Au Respect et à la Dignité", un nom en clin d'œil à l'écrivain Frédéric Dard mais aussi pour rappeler la guêpe "animal solitaire avec une intelligence collective". Patrick Sébastien a choisi la salle de théâtre du Gymnase à Paris, là même où un certain Coluche avait lancé sa campagne présidentielle en 1981, pour sortir son manifeste "Une Révolte, pas Une Révolution" (publié aux éditions Florent Massot) et un site Internet. La création de ce mouvement n'est pourtant, rappelle-t-il, ni une "farce" ni l'annonce d'une candidature en 2012. Le Dard aspire à être une association à but non lucratif qui rassemble "le plus grand nombre de gens", sans aucune discrimination, contre "le grand cirque politique". Devant les critiques de populisme et de démagogie, Patrick Sébastien rétorque : "Je ne dis pas 'tous pourris', je dis 'tous nourris' - souvent trop d'ailleurs! Ils [les hommes politiques] ont besoin d'un coup de pied au cul pour faire bouger les choses."

Des chances de percer ?

Avec son Dard, Patrick Sébastien compte piquer à vif les politiques et les clivages gauche/droite, ce souhait est aussi celui de Dominique de Villepin. Si l'amuseur public veut être pris sérieusement et servir de contre-pouvoir, il ne cherche aucune reconnaissance électorale. L'artiste croit qu'il peut user de sa notoriété pour que tout le monde ait la chance de s'exprimer. Une crainte pourtant : "peut-être celle de faire naître un faux espoir". L'ancien Premier ministre est lui clairement déjà en campagne. Aura-t-il cependant assez de soutiens parmi ses camarades de droite ou d'ailleurs ? Pour le député villepiniste, Jean-Pierre Grand, Dominique de Villepin, qui n'a encore jamais été candidat à un scrutin, a la carrure pour "rassembler les Français de tous les partis". "Ce qu’on vise, c’est les couloirs du métro, pas de l’Assemblée", a-t-il précisé. Au salon de l'agriculture, entre deux poignées de main, le meilleur ennemi de Sarkozy tempérait cependant : "avant l'heure, c'est pas l'heure". Patience donc.
Damien Bouhours (www.lepetitjournal.com) vendredi 26 mars 2010

En savoir plus


Article de l'Express, Dominique de Villepin appelle à un changement de politique
Notre article, PATRICK SEBASTIEN – L'homme aux mille personnalités
Blog Figaro, Patrick Sébastien la rébellion utopique