Mardi, 14 Février 2012

Le printemps démarre tambour battant au théâtre Hebbel, qui accueille du 25 au 27 mars Peaches Christ Superstar, spectacle résolument peu ordinaire dans lequel Peaches et son acolyte Gonzales entreprennent de revisiter Jésus-Christ Superstar, fameuse comédie musicale des années 1970.


Lorsque deux des électrons les plus turbulents – à savoir Peaches et Gonzales – de la sphère musicale contemporaine décident d’unir leurs forces créatrices sous le signe de Jésus-Christ, le résultat s’annonce pour le moins détonant. Peaches Christ Superstar, tel est le titre du spectacle qui, trois soirs durant, va réunir ces drôles de paroissiens sur la scène principale du Hebbel Am Ufer, théâtre berlinois qui suscite régulièrement des rencontres scéniques du 3ème type.

Un Jésus Christ Rock'n Roll
Usant d’un dispositif radicalement minimal – elle au micro, lui au piano – Peaches et Gonzales se lancent ici à l’assaut de Jésus-Christ Superstar, comédie musicale (très) haute en couleurs de Tim Rice et Andrew Lloyd Weber, qui raconte en vingt-huit tableaux chantés et dansés les sept derniers jours de la vie de Jésus. Elle parut tout d’abord en 1970 sous forme de disque, sur lequel Murray Head interprète le rôle de Judas et Ian Gillan (chanteur de Deep Purple) celui de Jésus. Suite à sa création à Broadway en 1971, Jésus-Christ Superstar a fait l’objet d’une adaptation cinématographique en 1973, sous la direction de Norman Jewison, auquel l’on doit également, entre autres, L’affaire Thomas Crown (1968) et Rollerball (1975). La partition, fortement teintée de rock, a beaucoup fait pour le succès du film, qui occupe une place de choix dans le cœur des cinéphiles friands de kitscheries. Pour sa part, Peaches déclare ressentir « un pur amour pour la musique et les paroles de Jésus-Christ Superstar ». De la même façon, elle s’avoue « obsédée par Phantom Of The Paradise et Rocky Horror Picture Show, que j’ai vus à l’âge de sept ans. Je suis sûr que cela a façonné mon sens de la dramaturgie. »

Ce goût prononcé pour le glam et l’opéra-rock ne surprend guère venant de celle dont les concerts s’apparentent à de véritables performances, à mi-chemin du cabaret et du grand rock’n’roll circus, repoussant loin les limites de l’extravagance. Loin de se pâmer devant les figures (néo) messianiques, Peaches compare le superstar-système à l’apocalypse – pas moins. « Selon moi, le superstar-système, c’est la fin de tout ».
Jérôme Provençal (www.lepetitjournal.com/berlin.html), jeudi 25 mars 2010

Peaches Christ Superstar, au Hebbel Am Ufer, du jeudi 25 au samedi 27 mars.
www.hebbel-am-ufer.de