Le député-maire de l'Essonne vient de faire son entrée au gouvernement avec le portefeuille de la Fonction publique. Bien qu'expert de la question, sa nomination reflète la volonté d'ouverture de Nicolas Sarkozy aux villepenistes. Georges Tron, fidèle parmi les fidèles à Dominique de Villepin, sera-t-il le symbole de la réconciliation ?
Georges Tron (AFP) est né en 1957 à Neuilly-sur-Seine mais n'est pas pour autant l'ami de son ancien maire, Nicolas Sarkozy. Après des responsabilités à la ville de Paris et auprès d'Edouard Balladur –il fut son chef de cabinet pendant de nombreuses années-, Georges Tron est élu en 1993 député de la 9e circonscription de l'Essonne, un poste pour lequel il a toujours été réélu. S'il est l'un des membres fondateurs de l'UMP, Georges Tron est considéré comme faisant partie de la garde rapprochée de l'ex-Premier ministre, Dominique de Villepin. C'est d'ailleurs par conviction villepiniste qu'il a refusé en mars 2007 d'occuper le siège laissé vacant par François Baroin au ministère de l'Outre-mer.
Un spécialiste, oui …
Trois ans plus tard, le maire de Draveil fait pourtant son entrée au gouvernement. Nicolas Sarkozy lui a confié le secrétariat d'Etat chargé de la Fonction publique. Georges Tron est un des plus éminents spécialistes dans ce domaine à l'Assemblée nationale. Le député de l'Essonne était membre de la Commission des finances de l'Assemblée et connaît donc sur le bout des doigts les questions touchant à l'équilibre des comptes publics, la réforme de l'Etat et la fonction publique. Il était également rapporteur du budget de la Fonction publique et président de la mission d'évaluation et de contrôle de la Commission des finances.
Non-cumul des mandats oblige, et pour pouvoir assurer ses nouvelles responsabilités au ministère, Georges Tron laissera son fauteuil de député à Françoise de Salvador, sa collaboratrice à l’agglomération Sénart Val de Seine dont il est président. Malgré les dossiers difficiles qui l'attendent, Georges Tron souhaite conserver sa mairie."Cette nomination n’enlève en rien mon attachement et mon engagement au niveau local. Je continuerai à assurer mes permanences, à suivre les dossiers.", a-t-il affirmé.
… mais un villepiniste surtout !
Georges Tron. 53 ans, a l'expérience nécessaire pour être à l'aise avec ce premier portefeuille gouvernemental mais sa nomination n'est pas dénuée de symboles. Lors du procès Clearstream opposant Nicolas Sarkozy à Dominique de Villepin, le député n'a pas hésité à défendre publiquement son ami et critiquer le président pour son"acharnement". A l'annonce de la relaxe en premier instance de l'ancien Premier ministre, Georges Tron avait même déclaré que Dominique de Villepin deviendra"non plus par la volonté des Français, mais par la volonté du président, son principal opposant". Alors que la droite a essuyé une défaite cuisante aux régionales, Nicolas Sarkozy souhaite atténuer les tensions au sein de son clan. Georges Tron voit d'ailleurs sa nomination comme "un geste d'apaisement à l'égard des villepinistes". Bien qu’au sein du gouvernement, le député souhaite garder sa liberté de parole."Je suis soucieux qu'il puisse y avoir plusieurs points de vue", assurait-il sur iTélé.
Réconciliation ou scission ?
Nicolas Sarkozy tente de resserrer les rangs mais Dominique de Villepin acceptera-t-il de fumer le calumet de la paix avec le président ? Le présumé coupable de l'affaire Clearstream doit en tout cas annoncer demain la création de son propre parti, reste à savoir si celui-ci fera allégeance à l'UMP ou s'il pourrait bien porter son fondateur jusqu'à une candidature pour la présidentielle de 2012.
Damien Bouhours (www.lepetitjournal.com) mercredi 24 mars 2010
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