Mardi, 14 Février 2012

Nombreux sont les jeunes Milanais qui partent étudier en France, un semestre ou deux. Qu’ils y soient encore ou qu’ils en soient revenus, ils ont livré leurs impressions au petitjournal.com. Point de vue de trois étudiants Erasmus sur la vie de l’autre côté des Alpes...


Gianluca, 22 ans, de la faculté d’ingénierie mécanique du Politecnico de Milano, fait en ce moment sa quatrième année d’études aux Arts et Métiers de Paris

Au  départ, la France n’était que mon troisième choix d’Erasmus. Je ne parlais pas français en arrivant et je me suis un peu retrouvé ici par hasard ! En fait, je voulais vivre dans une grande ville, cosmopolite. En Europe j’avais donc le choix entre Paris et Londres, j’ai choisi Paris, que je trouvais déjà magnifique. J’espérais aussi que vivre ici me permette de parler correctement français d’ici la fin de l’année, même si pour l’instant j’ai du mal à perdre mon accent italien !

Suivre des cours aux Arts et Métiers enrichit de beaucoup ma formation : en France, les systèmes d’apprentissage et d’évaluation sont très différents de ce qui se fait en Italie. De plus, les grandes thématiques (et notamment celle du nucléaire) ne sont pas abordées de la même manière.

La vie étudiante à Paris n’est pas forcément facile pour moi : autant à Milan je participais volontiers aux soirées de l’ESN, autant ici j’évite car j’essaie plutôt de rencontrer des Français, ce qui n’est pas simple… Je trouve les gens assez froids, il faut vraiment bien les connaître avant qu’ils s’ouvrent un peu. Je crois aussi qu’au niveau de l’organisation de la vie étudiante, l’Italie ou l’Espagne ont une longueur d’avance : ici toutes les activités coûtent cher et sont mal organisées. Mais à part ça, vivre à Paris c’est le paradis ! J’adore aller faire un tour et trouver toujours de nouvelles choses à faire ou à voir. Je me sens bien ici, je n’ai pas très envie de retourner à Milan. Je resterais bien à Paris toute ma vie, pour y travailler par exemple !

Mise à part la Tour Effel, je trouve évidemment que la ville est très belle. Mais ce que j’aime particulièrement, c’est l’organisation des transports urbains et la facilité avec la laquelle on peut s’y abonner; c’est la même chose à la banque : une fois qu’on a un compte courant, le reste suit, la vie est simple.

De la France, je n’ai vu pour l’instant que Lille et Rouen. Le pays me plaît beaucoup, mais on note une grande différence entre Paris et le reste, ce sont deux mondes différents.


Anna, 24 ans, en 6ème année de Sciences bancaires à l’Université Catholique du Sacré Cœur de Milan, revient d’un semestre à l’Université Dauphine de Paris.

J’ai voulu aller en France car j’ai commencé à étudier le Français au lycée : j’avais visité Paris qui m’avait beaucoup plu. Mais, même si Paris est sans comparaison, le pays tout entier me fascine. Je voulais aussi améliorer mon français : pour l’anglais c’est facile, on peut écouter de la musique, regarder des films… alors que l’accès aux autres langues est plus difficile. De plus, presque tout le monde parle anglais maintenant : connaitre une autre langue, c’est ça qui fait la différence.

Je crois que l’expérience Erasmus est utile, quel que soit l’endroit où on se trouve, mais avoir l’occasion d’aller dans une grande ville comme Paris, c’est formidable ! Personnellement, j’adore les Français et leur style de vie. Paris est une ville magnifique, historiquement, architecturalement… c’est aussi très romantique. Je n’ai malheureusement pas eu l’occasion de visiter d’autres villes durant mon séjour, à part rapidement le Mont Saint-Michel et Auvers-sur-Oise, qui m’a beaucoup plu.

A Dauphine, j’ai suivi 2 cours de français : un purement grammatical et un autre sur l’art à Paris. Il y a une association étudiante au sein de l’université, qui organise au moins une fois par semaine une soirée pour les Erasmus. J’ai ainsi pu rencontrer des gens de nationalités diverses. Puisque je suivais les cours à l’université j’y ai rencontré quelques Français, mais ils étaient un peu stressés par leurs études et je ne suis pas tellement sortie avec eux.

Ce que j’ai aussi aimé à Paris, ce sont tous ces cafés, où l’on peut boire ou manger des choses très diverses à prix raisonnable, ce qui, en Italie, n’est possible qu’à Milan, et pendant l’happy hour. En revanche la bureaucratie m’a un peu rebutée, autant à l’université que dans la vie quotidienne. Par exemple pour passer les examens, j’ai dû faire 3 inscriptions différentes ! Mais je retournerais volontiers à Paris pour travailler… je réfléchis déjà à mes lettres de motivation !


Maurizio, 22 ans, en 5ème année au Studio Ingegneria Gestionale du Politecnico de Milan, a suivi l’année dernière le programme Sup de Co de l’Ecole Supérieure de Commerce de Reims.

Pour mon Erasmus, j’avais hésité ente la France et l’Espagne, mais quand une place à la Business School de Reims s’est libérée (pour laquelle j’avais posé ma candidature, mais trop tard) j’ai tout de suite dit oui car les Grandes Ecoles françaises sont très connues, et reconnues! Ca faisait aussi longtemps que je voulais apprendre le Français… et je ne regrette pas mon choix !

Cet Erasmus m’a énormément plu ! L’Erasmus est la meilleurs chose que l’on puisse faire pendant ses études, parce que c’est de ça que l’on se rappellera plus tard. En plus d’apprendre une nouvelle langue, on se forge une véritable expérience de vie !

Je crois que pour un Erasmus, la ville de Reims est idéale : pas très grande, on peut quasiment tout faire à pied, l’ambiance est un peu celle d’un village on y rencontre facilement les mêmes personnes aux mêmes endroits… pour un étudiant, c’est pratique !

J’ai pris des cours de français dans une école de la ville car les rares cours de langues proposés à Sup de Co n’étaient pas vraiment à la hauteur. En revanche, l’école organise énormément d’évènements, de tous genres. Elle anime vraiment la vie des étudiants, spécialement lors des élections des diverses associations.

J’ai eu l’occasion de visiter un peu la France, j’ai vu des endroits magnifiques, notamment Paris, mais je pense que je ne pourrais pas y vivre car j’y ai trouvé les gens un peu "froids", mais ça c’est peut-être mon côté italien ! Cependant, je retournerais volontiers en France pour travailler car je crois qu’à qualifications égales, les entreprises sont plus ouvertes aux jeunes diplômés qu’en Italie. Elles me semblent prêtes à leur donner plus de responsabilités, l’expérience est donc plus formative ! Je retourne d’ailleurs à Reims cette semaine pour la semaine des entreprises. Mon seul regret ? Ne pas être resté plus longtemps !

Armande COCQUEREZ (www.lepetitjournal.com/milan) vendredi 19 mars 2010