Mardi, 14 Février 2012
Les recherches de survivants se poursuivent quelques jours après le tremblement de terre qui a ravagé le Chili. Le bilan est lourd : 723 personnes décédées, des infrastructures en ruines et des scènes de pillages très fréquentes notamment à Concepcion, la ville la plus touchée par le séisme. La présidente chilienne a sollicité l'aide internationale

Les destructions provoquées par le séisme et le tsunami, dans une rue de Talcahuano, le 1er mars 2010 au Chili (AFP)

(Rédaction internationale) -
Le Chili est encore sous le choc du séisme d'une magnitude de 8.8 qui a frappé le centre du pays samedi matin. Le tremblement de terre a fait au moins 723 morts, 19 disparus et a détruit un demi-million d'habitations. La présidente Michelle Bachelet en fin de mandat, a évoqué dimanche "une situation d'urgence sans équivalent dans l'histoire du Chili", pays pourtant habitué aux secousses sismiques. L'organisation mondiale de la santé prévoit que ce bilan s'alourdisse dans les prochains jours, à cause des nombreuses répliques et du tsunami suivant le séisme. Les sauveteurs travaillent dans le silence le plus total pour entendre les cris de détresse des victimes encore ensevelies sous les décombres.

Concepcion, ville sinistrée
C'est la deuxième ville du pays, Concepcion, qui a payé le plus lourd tribut à la catastrophe naturelle. Si l'aide alimentaire y est arrivée hier, l'eau potable manque en quantité et l'électricité n'est pas encore rétablie. Les pillages se multiplient dans la ville. Un supermarché a ainsi été pillé et incendié hier après-midi par des dizaines d'habitants. Un couvre-feu nocturne ainsi qu'une force militaire se sont mis en place à Concepcion pour limiter ces actes de désespoir. Au moins 160 personnes ont déjà été arrêtées pour avoir violé le couvre-feu et une personne tuée par balles, dans des circonstances encore inconnues, a annoncé le vice-ministre de l'Intérieur Patricio Rosende. Des renforts militaires sont d'ailleurs attendus dans la région. "Quand nous aurons déployé tous les effectifs dans la région de Biobio (dont Concepcion est la capitale) et du Maule, nous aurons 7.000 militaires", a déclaré la présidente chilienne.    

Bachelet prend la main tendue par la communauté internationale
Devant la situation, le Chili qui avait refusé dans un premier temps l'aide internationale, s'y est résolu. Selon la porte-parole du Bureau des affaires humanitaires de l'ONU, Elisabeth Byrs, les autorités chiliennes ont besoin de ponts provisoires, d'hôpitaux de campagne, de téléphones satellites, de générateurs électriques, d'équipes pour évaluer les dégâts, de systèmes de purification d'eau et de centres de dialyse. Une aide que l'ONU ainsi que le reste de la communauté internationale, Etats-Unis en tête, sont prêts à fournir immédiatement. La secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, en pleine tournée latino-américaine devrait même apporter aujourd'hui en mains propres des téléphones satellites. Le président brésilien Lula s'est également rendu à Santiago pour témoigner de sa solidarité et apporter son aide.   

Une reprise rapide ?
Le président élu Sebastian Pinera, qui prend les rênes du pouvoir dans un peu plus d'une semaine, recevra une liste des priorités de son prédécesseur. La tâche ne sera pas simple pour le nouveau chef de l'Etat mais la catastrophe chilienne au contraire de celle survenue en janvier en Haïti ne fait pas craindre pour la stabilité d'un pays qui a déjà su renaître de ses cendres. Après le séisme de 1985, le Chili avait connu un boom des exportations et une croissance économique sans précédent.
Damien Bouhours (www.lepetitjournal.com) mardi 2 mars 2010

En savoir plus

Article du Nouvel Obs, Au Chili, les recherches des rescapés se poursuivent, la police tente de prévenir les pillages