Mardi, 14 Février 2012

Le 27 mars 2010, à 20h30, pendant une heure, toutes les villes du monde sont invitées à éteindre la lumière. Au Brésil, c’est Rio de Janeiro qui a été choisie comme emblème du mouvement national, pour cette 2ème édition de la Hora do Planeta au Brésil

Un mouvement mondial pour la prise de conscience contre le réchauffement climatique
Selon Álvaro de Souza, president de l’association WWF Brésil, "l’intention de cet acte symbolique d’éteindre la lumière est de créer une véritable vague de prise de conscience et de mobilisation de la société contre le réchauffement climatique. Seuls ceux qui les ignorent délibérément ne voient pas les changements climatiques. La planète et le climat changent, à cause de nous. Des solutions durables, à long terme, doivent être mises en place urgemment. C’est notre responsabilité à tous", alerte Álvaro de Souza.
Un million de Brésiliens ont éteint leurs lumières en 2009, montrant leur préoccupation quant au réchauffement climatique. Au total, 113 villes, dont 13 capitales, ont participé à l’opération Une heure pour la planète l’année dernière au Brésil. Des icônes nationales comme la statue du Christ Rédempteur, le Pont Estaiada à São Paulo, le Congrès National à Brasilia ou le Théâtre Amazonas de Manaus ont été plongées dans l’obscurité pendant soixante minutes. Dans le monde, on comptait plus de 4.000 villes impliquées, à travers 88 pays.

Rio plus que jamais impliquée en 2010
En 2010, à Rio, outre le Christ, la mairie s’engage à éteindre l’éclairage de la plage de Copacabana, les projecteurs d’Arpoador et de l’église Nossa Senhora da Penha, pour impliquer aussi la Zone Nord de la ville. On compte aussi sur la participation du Pão de Açucar, de la Fondation Oswaldo Cruz et du Jockey Club. "Nous souhaitons battre tous les records et être une des villes comptant le plus d’adhésion au mouvement dans le monde", déclare le secrétaire municipal Oswaldo Osorio.
Les organisateurs espèrent l’adhésion de plus d’1 milliard de personnes à travers le monde. Le Brésil souhaite envoyer au monde un message fort, témoin de son implication dans les questions environnementales, en tant qu’acteur de plus en plus incontournable de la scène internationale. "Lorsque les dirigeants se réuniront pour négocier un nouvel accord sur le climat, ils devront sentir que le monde entier a les yeux braqués sur eux", rappelle Álvaro de Souza du WWF.

Un événement à l’intérêt contesté
Action purement symbolique, de communication, destinée uniquement à montrer aux décideurs qu'une grande partie de la population réclame du changement dans le domaine environnemental, nombreux sont les détracteurs qui doutent de son efficacité d’un point de vue écologique. L’essentiel de la consommation énergétique provient en effet de l’activité industrielle mondiale, et non pas de la consommation des ménages. En outre, la reprise soudaine de la consommation par les foyers participant à l’opération est décriée comme devant probablement générer une surchauffe soudaine des centrales, entrainant un pic de pollution. Rappelons que cette action n’a aucune visée d’efficacité écologique, mais bien purement de donner un signe fort. Faire prendre conscience de l'importance et de l'urgence de la situation à ceux qui en doutent encore, faire pression sur l'ensemble des décideurs concernés encore sceptiques, et apporter un soutien visible et quantifiable aux personnes qui se battent sur le terrain, de façon à pouvoir s'en revendiquer dans les grands rendez-vous où des décisions sont prises, voilà tout l’enjeu du mouvement.

Cette année, Paris, Cape Town, Chicago, Copenhague, Dubaï ou Hong-Kong se sont engagées à éteindre la lumière de leurs principaux bâtiments. La Ville de Paris a par exemple décidé d'éteindre l'éclairage extérieur de plus de 200 monuments et bâtiments, dont la Tour Eiffel qui sera éteinte pendant 5 minutes et ne scintillera pas à 21 heures.

Marine GUILLERMOU (www.lepetitjournal.com – Rio de Janeiro) vendredi 26 mars 2010

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