Mardi, 14 Février 2012
Lassés des inondations, embouteillages, hausses des taxes et de l’insécurité, les paulistas ont récemment exprimé leur ras le bol par le biais d’un sondage peu flatteur au sujet de leur ville. Dépression climatique ou défaillance politique ? Quelle sorte de crise traverse donc São Paulo ?

Trafic quotidien à São Paulo (photo libre de droits de Mariordo) 

Depuis plusieurs mois, la troisième plus grande mégalopole du monde enchaîne déceptions sur tempêtes, poussant à bout une bonne partie de sa population. Résumés par Datafolha, les faits sont éloquents et sont parvenus à brouiller l’humeur de plus de 6 millions depaulistas* :


Le 10 juin, le CET enregistre 293 kilomètres d’embouteillages, record historique, provoqué par la pluie sur une journée noire de transit en raison du feriado de Corpus Christi. Le 27 juin, Gilberto Kassab, préfet de la ville, restreint la circulation des fretados à quelques zones de la ville uniquement afin de désengorger les grands axes, impactant ainsi sur le quotidien de 100.000 usagers de ce transport public. 

Le 13 août, il décide de réduire de 20% le budget alloué à la propreté des rues au profit de la santé et de l’éducation.  Sans prendre en compte l’ampleur d’une telle décision, les quelques 1860 employés privés de leur emploi expriment alors leur colère dans la rue. 

Un mois plus tard, le 14 septembre, les tickets de bus passent de 2,30 à 2,70 R$ en raison de l’inflation. Gelé pourtant depuis 2006, le tarif devient le plus élevé du pays.  

Le 16 septembre, le secrétaire municipal de l’Education tente d’alléger le service de 661 crèches municipales en supprimant l’un des cinq repas prévus pour les enfants. Heurté à la colère des parents, il concède la réduction des plages d’ouverture à 10 heures au lieu de 12. 

Le 26 novembre, la préfecture frappe fort et déclare une hausse de l’IPTU allant jusqu’à 30% pour les particuliers et 45% pour les  locaux commerciaux. Le même mois, il est décidé que la taxe d’inspection des véhicules de 52,70 R$ en 2009 devra augmenter de 7% en 2010 et ne sera plus remboursable. 

Enfin le 21 janvier, il n’y a pas eu 2 jours consécutifs sans pluie ni inondation depuis le début de l’année. Plus de 120 secteurs de la ville sont pris d’assaut par les eaux, entrainant la mort de 4 personnes et la dégradation de milliers de foyers.

Promesse de jours meilleurs
Au sujet des pluies diluviennes qui paralysent la ville, la faute ne revient pas seulement au Ninho, le fameux courant maritime qui secoue la planète tous les 7 ans. Les regards se tournent plutôt vers la Préfecture et la question est : qu’en est-il des travaux censés drainer et sécuriser les chaussées ? Car la confiance de 61% des paulistas en la politique de leur ville est en chute libre*.


D’une manière plus générale, la taille de nombre de budgets devrait faire vase communiquant et permettre bientôt à Gilberto Kassab de passer au plan B. Selon ses adjoints, "la gestion se fait sur 4 ans. C’est à l’issue de cette période que les résultats sont visibles. L’administration actuelle certifie qu’en 2012, la ville fonctionnera bien mieux qu’aujourd’hui"

Si la cote de popularité de Gilberto Kassab a perdu plus de 22 points en 1 an, ses vœux pour 2010 sont très clairs : plus de sécurité, de santé, d’aménagements urbains et moins de trafic. D’après lui, sa politique d’investissements commence déjà à porter ses fruits, il a même félicité son équipe pour son "excellent travail". De quoi remonter le moral des troupes ? Seuls les résultats - et le retour du soleil - redonneront le sourire aux paulistas…



Adeline DARNIL (www.lepetitjournal.com - São Paulo) mercredi 10 février 2010.

Selon l’étude de l’Ibope/Nossa São Paulo :

57% des paulistas seraient prêts à quitter São Paulo

78% des paulistas réprouvent la qualité des trottoirs, 
  62% sont mécontents de l’entretien des espaces publics. 

  28% craignent les inondations contre 6% en 2008, 
  Le nombre  d’accidents ayant augmenté de 64% en un an.  

La peur de sortir la nuit a augmenté de 52% et 87% des habitants considèrent que São Paulo est peu sûre. 

Plus de la moitié de la population se dit insatisfaite de la distance des hôpitaux, plus de 70% déplorent le délai d’attente entre une prise de rdv et la   consultation.