|
Un rapport de l’Union européenne présenté hier à Turin dément tout risque environnemental et médical liés au futur TGV Lyon-Turin. Les associations anti-TGV ont manifesté pour dénoncer le manque d’indépendance de l'étude
Plus d’une centaine d’habitants de la petite vallée de Suse ont manifesté hier devant la préfecture de Turin. Ils étaient venus "accueillir" Loyola De Palacio, coordonnatrice européenne pour l’axe prioritaire n°6 du réseau transeuropéen "Lyon – Turin – Trieste – Ljubljana – Budapest", venue présenter un rapport de l’Union européenne sur les risques du projet ferroviaire, au cœur des préoccupations des 70.000 habitants de la vallée.
A la demande de l’Union européenne, des experts indépendants ont conduit une enquête pour estimer la fiabilité des études réalisées par la société Lyon Turin Ferroviaire (LTF) portant sur les prévisions de trafic et des aspects médicaux et écologiques.
Leur conclusion : le projet de ligne à haute vitesse entre Turin et Lyon ne présente pas de risque pour la santé et l’environnement. L’Union européenne tient même à rappeler les vertus écologiques de la liaison ferroviaire qui permettra de limiter le transport de marchandises par la route.
No pasaran
Mais les associations anti-Tav (Treno ad alta velocità), le comité No Tav et Comunita montana Bassa valle di Susa en tête, contestent l’indépendance du rapport et exigent l’organisation d’une confrontation publique entre leurs experts et ceux mandatés par l’UE.
Les habitants de la vallée de Suse, soutenus par les élus locaux, les Verts, une partie de la gauche et les associations, redoutent la présence d’uranium et d’amiante dans la montagne dans laquelle sera creusée le tunnel de 53 kilomètres reliant Venaus à la frontière française. Un des leaders les plus représentatifs du comité No Tav, Alberto Perino, a déclaré hier : "La ligne à grande vitesse ne passera jamais".
Elle fait pourtant partie des projets prioritaires fixés par l’Union européenne. Romano Prodi devra rapidement affronter la question épineuse du TGV Lyon-Turin, que personne n’avait vraiment osé aborder pendant la campagne électorale. Dans sa coalition, Européens convaincus et écolos risquent de ne pas partager les mêmes opinions.
Corentine GASQUET - LPJ Milan - jeudi 27 avril 2006
Lyon-Turin en 1h45, en 2018
Grâce au TGV, les Turinois pourraient se rendre à Lyon en 1h45, contre 4h17 aujourd’hui, et les Milanais à Paris en 4h25, et non plus 6h50. Mais le projet, s’il aboutit, prendra des années. A partir de mai 2006, doit s’ouvrir une enquête d'utilité publique du tunnel de base franco-italien. C’est aussi en 2006 que le financement du projet doit être entièrement bouclé. Les travaux du tunnel transfrontalier devraient débuter en 2010 et il faudrait encore attendre 2018 pour voyager en TGV entre Lyon et Turin. (LPJ Milan - 27 avril 2006) |