Bienvenue au Mining Indaba, le plus grand rassemblement de professionnels du secteur minier en Afrique. Deuxième salon mondial en termes d’affluence, après celui de Toronto, le Mining Indaba, solidement ancré au Cap depuis seize ans, est un rendez-vous incontournable
(devant le stand ghanéen au Mining Indaba, photo : Gary Grabli)
Un lieu d’échange
Fin d’après-midi au Convention Center du Cap. Pour John Duodu, c’est l’heure de faire le bilan de la journée. Le directeur du département géologique du Ghana sort de son étui les cartes de visites qu’il a récoltées : “Quatorze pour aujourd’hui, c’est mieux qu’hier. On avait aussi misé sur nos chocolats pour appâter les visiteurs. Le cacao ghanéen, vous connaissez ?” John ne s’en cache pas, il est venu pour convaincre: “Si vous voulez investir dans l’exploitation des ressources naturelles, c’est au Ghana qu’il faut venir’”
"L’objectif de ce salon, c’est de favoriser les rencontres. En un mot, les gens viennent ici pour faire du networking, explique Christie Smith, directrice du marketing de l’événement. On a déjà dépassé le nombre de visiteurs de l’an dernier. Et il nous reste encore un jour’”
Au hasard des allées, un Français. Patrick Dupayrat est accroché au comptoir de son stand. Salarié dans une multinationale de l’équipement géologique de pointe, c’est un habitué des salons. “L’avantage du Mining Indaba, c’est de regrouper tous les professionnels mondiaux du secteur. Là, regardez, en face de moi, à trois mètres à peine, c’est mon client principal”. Et la concurrence ? “Un peu plus loin, là-bas, dans l’allée à gauche.”
Quand ressources naturelles et politique s’emmêlent...
En Afrique du Sud, le débat sur les ressources naturelles est au cœur de l’agenda politique du moment. Dans son discours d’ouverture au Mining Indaba, la ministre des Minerais et de l’Energie, Susan Shabangu, a affirmé qu’elle ne céderait jamais à la nationalisation des mines du pays. Une pique directe à l’encontre de Julius Malema, leader de la Ligue de Jeunesse de l’ANC (Congrès National Africain), qui en a fait son cheval de bataille.
Des liaisons dangereuses qui explique l’attrait qu’offre aujourd’hui le continent africain à bon nombre d’investisseurs, publics ou privés. “Longtemps, à cause des problèmes politiques qu’a connu l’Afrique, le sol est resté sous-exploité. Mais la donne est en train de changer, du fait des besoins immenses des nouveaux géants industriels, comme la Chine et l’Inde", explique Jean-Philippe Rançon, du bureau de recherches géologiques et minières français. Grâce au Mining Indaba, l’Afrique du Sud, assis sur un tas d’or, et des minerais plein son sol, compte bien rester à la pointe du secteur minier.
Gary Grabli - lepetitjournal.com/johannesbourg.html - mercredi 10 février 2010