|
Dans le cadre de l’opération Retratos de Francia organisée par l’Ambassade de France à Madrid, l’actrice caméléon dévoile plusieurs facettes de sa mystérieuse personnalité à travers une expo de 120 photos et une rétrospective de 19 films. Mais qui est donc Isabelle Huppert ?
Isabelle Huppert
Le réalisateur Patrice Chéreau dit d'elle qu'elle possède l’étonnante faculté d’un "moi multiple". La preuve en est apportée, depuis lundi, à la filmothèque espagnole et au jardin botanique de Madrid. Dans le cadre de l’opération Retratos de Francia, organisée par l’Ambassade de France, Isabelle Huppert dévoile plusieurs facettes de sa mystérieuse personnalité, à travers une expo de 120 photos et une rétrospective de 19 films.
Actrice insaisissable, dont on dit qu'elle peut tout jouer, Isabelle Huppert a toujours refusé d’être cataloguée dans un style. Et s'est toujours efforcé de disparaître derrière son jeu d'actrice. De fait, la frontière qui la sépare de ses personnages est quasi invisible. Connue pour ses choix audacieux et prolixes, elle a prêté son talent à Chabrol, Pialat, Godard, Tavernier, Blier, Ozon, Dahan. Quelque 70 films tournés en français, en anglais, en italien et même en russe, révèlant tour à tour une femme sensible, exaltée, immorale, ambigüe, énigmatique, perverse, punk, une Marylin des banlieues…
Intime mais pas familière
"Le cinéma, ce n’est que de l’intime, ce qui n‘a rien à voir avec l’intrusion", précisait-elle lors d’une conférence de presse donnée lundi dernier à Madrid, pour parler de ses films et de l'exposition visible au jardin botanique. Et justement, se mettre à nu devant 75 photographes aussi différents que Doisneau, Avedon, Demarchelier, Issermann, Newton ou Sieff, n’est-ce pas trop familier ?
Pour Isabelle Huppert, ce "petit viol consenti" (comme disait Henri Cartier Bresson) fait partie du travail d’actrice, l'objectif étant d’apparaître dissimulée derrière le talent des photographes qui offrent leur vision du monde : poétique, humaniste, floue, bionique, minimaliste... Avec eux, se noue le même pacte de confiance qu’avec les réalisateurs. Sous l’objectif des plus grands, l’actrice se dévoile romantique, abandonnée, sensuelle, rêveuse, décontractée, fatale, enfantine…captant la lumière et interprètant les blancs comme peu savent le faire.
"Les rôles qui peuvent faire peur sont souvent les plus intéressants", déclare celle que même le théâtre n’impressionne pas, parce qu’elle ne travaille pas avec n’importe qui : toujours le même pacte de confiance qui semble être la base de son travail. Un travail, certes, mais le métier d’acteur est à ses yeux le plus confortable du monde, car sans risque. N’est-ce pas trop tôt pour retracer 30 ans d’une carrière en pleine maturité ? Insatiable, elle tourne, jusqu’à tomber sur un film où son rêve d’actrice correspondra au rêve du réalisateur. Le cinéma est fait plus de hasard que de réflexion. Isabelle Huppert a l’art d’inviter le spectateur dans les coulisses mystérieuses du cinéma et de la photo.
Camille DE LA ROCHERE. (LPJ) 27 avril 2006
Cycle de cinéma Isabelle Huppert du 24 avril au 16 mai à la filmothèque espagnole de Madrid.
Exposition photos « La femme aux portraits » du 25 avril au 25 mai au jardin botanique de Madrid.
Demandez le programme sur le site :
www.vivelaculture.com
Isabelle Huppert
Insaisissable, l’actrice à la moue célèbre capte la lumière et interprète les blancs comme peu savent le faire. Le réalisateur Patrice Chéreau lui trouve l’étonnante faculté d’un "moi multiple". Celle dont on dit qu’elle peut tout jouer, refuse d’être cataloguée dans un style. La frontière qui la sépare de ses personnages est quasi invisible. Connue pour ses choix audacieux et prolixes, elle a prêté son talent à Chabrol, Pialat, Godard, Tavernier, Blier, Ozon, Dahan. 70 films tournés en français, en anglais, en italien et même en russe révèlent tour à tour une femme sensible, exaltée, immorale, ambigüe, énigmatique, perverse, punk, une Marylin des banlieues… Jusqu’au 16 mai, la filmothèque espagnole rend hommage à l’actrice avec une présentation de 19 de ses films
Intime mais pas familière
Une nuance qui lui tient à coeur "Le cinéma ce n’est que de l’intime ce qui n‘a rien à voir avec l’intrusion", précise-t-elle lors d’une conférence de presse donnée lundi 24 avril à Madrid pour parler de ses films mais aussi d’une exposition de 120 photos au jardin botanique. Et justement, se mettre à nu devant 75 photographes aussi différents que Doisneau, Avedon, Demarchelier, Issermann, Newton ou Sieff, n’est-ce pas trop familier ? Pour Isabelle Huppert, ce "petit viol consenti" comme disait Cartier Bresson, fait partie de son travail d’actrice d’apparaître dissimulée derrière le talent des photographes qui offrent leur vision du monde : poétique, humaniste, floue, bionique, minimaliste... Avec eux, se noue le même pacte de confiance qu’avec les réalisateurs. Sous l’objectif des plus grands, l’actrice se dévoile romantique, abandonnée, sensuelle, rêveuse, décontractée, fatale, enfantine… Peur de rien : portée par son intuition, « les rôles qui peuvent faire peur sont souvent les plus intéressants », déclare celle que même le théâtre n’impressionne pas, parce qu’elle ne travaille pas avec n’importe qui : toujours le même pacte de confiance qui semble être la base de son travail. Un travail, certes, mais le métier d’acteur est à ses yeux le plus confortable du monde, car sans risque. N’est-ce pas trop tôt pour retracer 30 ans d’une carrière en pleine maturité ? Insatiable, elle tourne, jusqu’à tomber sur un film où son rêve d’actrice correspondra au rêve du réalisateur. Le cinéma est fait plus de hasard que de réflexion. Isabelle Huppert a l’art d’inviter le spectateur dans les coulisses mystérieuses du cinéma et de la photo.
Camille DE LA ROCHERE LPJ. ( 27 avril 2006)
Cycle de cinéma Isabelle Huppert du 24 avril au 16 mai à la filmothèque espagnole de Madrid.
Exposition photos « La femme aux portraits » du 25 avril au 25 mai au jardin botanique de Madrid.
Demandez le programme sur le site :
www.vivelaculture.com
|