En novembre, nous vous conseillions une très belle expérience typiquement anglaise, les King’s Singers, pourquoi ne pas la continuer avec un concert d’une autre de ces institutions dont seule l’Angleterre a les secrets, le chœur du Trinity College, lui aussi issu de Cambridge, ville riche par son histoire musicale et chorale
Trinity College Cambridge - credit Benjamin Ealovega
L’art anglais du chœur
Sous la direction de Stephen Layton, le chœur du Trinity College comprend trente étudiants des deux sexes et perpétue une tradition qui remonte au XIV° siècle et a traversé les divergences religieuses de la Renaissance pour la seule gloire de la musique. Fort de cette expérience, le chœur n’hésite pas à chercher ses inspirations dans d’autres univers géographiques et historiques : sans oublier Haendel et ses Chandos Anthems, il explore en ce moment l’orient de notre belle Europe, je parle ici de son dernier CD intitulé Baltic.
Présent dans toutes les grandes manifestations anglaises, dont le Cheltenham Festival, le Trinity parcourt aussi le monde, pour 2010, l’Australie est au programme ! Profitons alors de son passage à Londres !
Un programme envoûtant
Le programme commence par Komm Jesu Komm (BWV 229), un motet envoûtant de Jean-Sébastien Bach que nous connaissions et apprécions par le Bach Collegium Japan ou la Chapelle Royale et qui trouvera une résonance particulière avec le Trinity –un chœur de voix jeunes et fraiches mais dépositaire d’une pratique de plus de 700 ans.
Arvo Pärt s’invite ensuite au programme avec Bogoroditse Djevo (Mère de Dieu et Vierge). Le compositeur contemporain estonien signe ici une œuvre chorale dense et très éloignée de nos références musicales.
L’envoûtement continue avec Sleep du jeune compositeur américain dédié à la musique chorale Eric Whitacre, sur un poème d’un écrivain inscrit dans notre époque et sur myspace.com, Charles Anthony Silvestry.
Nous repartirons ensuite dans le temps avec Thomas Tallis, musicien qui traversa les grandes réformes et vicissitudes religieuses de la Renaissance anglaise. Il fut et resta musicien de cour et organiste de chapelle royale de Henry VIII à Elisabeth Ière, tout en demeurant un fervent catholique. Chapeau l’artiste !
Nous repartons ensuite pour une rencontre avec un univers, tout aussi envoûtant mais proche de Mahler, avec l’anglais de descendance suédoise Gustav Holst, il s’agit de Nunc Dimittis, le cantique de Syméon.
Avec l’Irlandais Stanford - qui est passé par le Trinity College- nous continuerons à nous imprégner de la période, mais nous partirons vers la belle tradition des grands chœurs religieux avec ses motets (op. 38).
Enfin, nous terminerons notre voyage envoutant avec l’américain de descendance danoise Morten Lauridsen qui composa en 2006 une œuvre en trois langues (français, espagnol et anglais) intitulée Nocturnes.
Une soirée pour néophytes et connaisseurs réunis
La soirée proposée au Cadogan Hall correspond tout à fait aux personnes les plus rétives à la musique dite classique. Intelligemment programmée, elle leur permettra d’avoir un aperçu de ce que la musique chorale peut offrir. Et la musique chorale est de loin la plus accessible et, soyons en certains, cette soirée envoûtera du néophyte au connaisseur.
Jean-Philippe Bottin (www.lepetitjournal.com - Londres) Jeudi 11 mars 2010
Pour en savoir plus : http://www.cadoganhall.com