Mardi, 14 Février 2012

Comme chaque année, ce week end, 1,5 million de personnes quitteront Hong Kong pour passer le Nouvel An Chinois à l’étranger. Lepetitjournal.com vous propose de découvrir comment ceux qui restent passeront la journée du dimanche 14 février, date de leur Nouvel An

Pendant les années 1960, voyager en avion était beaucoup moins populaire et aller en Chine presque impossible, la plupart des Hongkongais restaient dans la ville. Le jour de l’an, les rues se révélaient être un tourbillon d’activités, remplies de gens qui sortaient pour faire leur bai nian (Cantonais : bai nin), «rendre leur visite de l’an». Au remue-ménage des gens et de la circulation s’ajoutaient invariablement les bruits des pétards.

Les pétards
La détonation, la fumée, l’odeur âcre de la poudre, et les petits bouts de papier rouge projetés en l’air étaient censés faire fuir les esprits malfaisants. En fait, la représentation la plus commune du nouvel an chinois était le tableau d’un garçon allumant la mèche d’un pétard alors qu'à côté de lui, une petite fille se retournait en se couvrant les oreilles de ses mains. Mais, après les émeutes de 1967, le gouvernement a interdit les pétards. On ne les entend aujourd’hui que dans certains coins des Nouveaux Territoires, entrés sans doute en contrebande depuis la Chine.

Les enveloppes rouges
Heureusement, pour les enfants, il reste toujours les enveloppes rouges, hong feng bao en mandarin. En cantonais, elles s’appellent lei si, «qui porte chance». Lorsque l’on donne une enveloppe rouge, on souhaite en fait du bonheur à la personne qui la reçoit. Comme c’est seulement le souhait qui doit compter, le contenu de l’enveloppe rouge -l’argent à l’intérieur- est secondaire. Cependant, on ne donne pas d’enveloppes rouges à n’importe qui. L’étiquette sociale veut qu’on les donne seulement à ceux qui se trouvent plus «bas» que soi dans la hiérarchie traditionnelle : frères et sœurs cadets, jeunes cousins, enfants, gendres et brus, subalternes, domestiques, etc. Une personne qui n’est pas mariée, quel que soit son statut ou son âge, n’est pas obligée de donner d’enveloppes rouges.

«Kung Hei Fat Choi!»
Pendant le nouvel an chinois, on se salue en disant quelque chose de bon augure afin de porter bonheur. «Kung hei fat choi ! (Mandarin: Gong xi fa cai!)» veut dire, littéralement, «Félicitations! Gagnez beaucoup d’argent !». Connotation mercantile ou pas, la formule est devenue la salutation universelle pour le Nouvel An Chinois, s’appliquant non seulement aux associés en affaires et aux collègues, mais aussi aux membres de la famille, aux amis, même aux inconnus. Elle a aujourd’hui gagné tant de popularité qu’on l’entend partout en Chine, même si, dans le nord du pays, on dirait traditionnellement «Guo nian hao ! » (Passez heureusement le nouvel an!) ou «Xin nian hao !» (Bonne année nouvelle !).

Benjamin Chen (www.lepetitjournal.com/hongkong.html), vendredi 12 février 2010