Mardi, 14 Février 2012

C’est une petite tempête au Landernau financier global : Zhu Min, vice gouverneur de la Banque populaire de Chine, passera en mai, "conseiller spécial" de D. Strauss-Kahn, le directeur général du Fonds monétaire international (FMI).

La place de la Chine sur les marchés financiers ne cesse d'augmenter... (Photo libre de droit www.photo-libre.fr)

Le 25 février 2010, l’agence de presse Xinhua (Chine Nouvelle) annonçait cette nomination. Le communiqué indiquait le rôle de plus en plus important de la Chine sur les marchés internationaux, soulignant qu’il était de "bon ton" que les institutions financières internationales introduisent davantage de professionnels issus de ces économies. 

Zhu Min, gouverneur adjoint de la banque centrale chinoise, a donc été nommé conseiller spécial du directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn. C’est moins que le poste de vice Directeur Général, que Pékin réclame depuis des ans, mais c’est sans précédent. 

Interrogations sur cette nomination
On reproche en effet depuis quelque temps le problème de représentativité du FMI : club de l’Occident, il a toujours été dirigé par un Européen (et la Banque Mondiale, par un Américain). Face à l’état présent de la finance du monde, cette situation devient anachronique. 

Le changement serait plus facile, si Pékin acceptait de réévaluer sa devise, le Yuan ou RMB trop bas, une des sources de son succès à l’export dont le monde, FMI en tête, souhaite la baisse. La Chine refuse opiniâtrement au nom de la "stabilité". Or Zhu Min milite contre la réévaluation, objection majeure à sa nomination comme n°2 à l’instance financière…

Dans ces conditions, sa nomination en tant que  conseiller apparaît comme un compromis, qui peut être interprété en deux sens : la Chine aurait discrètement convenu de réévaluer à moyen terme, ou bien DSK, à qui l’on prête le projet de démissionner précocement en 2011 pour faire campagne aux élections présidentielles françaises, prête moins attention à ces choses. Il voudrait laisser sa chance à un homme jeune (57 ans) aux excellents antécédents, ex-n°2 de la Banque Populaire de Chine, ex-élève de trois des meilleures universités américaines ! 

Eric Meyer, Extrait du Vent de la Chine N°8, (www.lepetitjournal.com - Shanghai) mardi 2 Mars 2010

Informations complémentaires
http://french.news.cn/economie/2010-02/25/c_13187130.htm