Mardi, 14 Février 2012

FRANCO-ALLEMAND – 80 mesures pour "redynamiser les relations franco-allemandes"
Lors du 12e conseil des ministres franco-allemand qui s’est tenu le 4 février dernier à l’Elysée, les deux gouvernements ont adopté 80 mesures visant à relancer les relations entre France et Allemagne dans les années à venir. L’économie, les finances et l’emploi ; l’environnement et l’énergie ; les innovations, la recherche et l’éducation ; la politique étrangère, la sécurité et la défense ; le rapprochement des sociétés civiles et enfin les dimensions institutionnelles sont les six grands domaines dans lesquels se répartissent les 80 propositions adoptées la semaine dernière, constituant un agenda “ambitieux et concret“, selon l’Elysée. Ces idées sont nées en partie de quarante mesures proposées par Pierre Lellouche et Werner Hoyer, les secrétaires d’Etat chargés des affaires européennes des deux pays. Proposée par la France, l’idée d’un “ministre franco-allemand“ a cependant été évincée par l’Allemagne pour des raisons politiques et institutionnelles. Le magazine franco-allemand ParisBerlin avait également mis la main à la pâte en publiant, le 4 janvier 2010, l’ouvrage bilingue “99 propositions pour ré-enchanter la relation franco-allemande“. 


ABUS SEXUELS – Après la tempête, les écoliers ont repris le chemin de l’école
Après les révélations de cas d’abus sexuels perpétrés dans les années 1970 et 1980 au Casinius-Kolleg de Tiergaten, 650 écoliers et 60 professeurs se sont frayés aujourd’hui un passage vers leur établissement scolaire entre le crépitement des flashs et les flocons de neige. Retour sur une affaire d’abus sexuels en série qui a ébranlé l’Allemagne.
Le 27 janvier 2010, le Pater Klaus Mertes, actuel recteur du Kasinius-Kolleg, école jésuite située à Tiergarten, envoie une lettre à plus de 600 élèves ayant fréquenté l’établissement scolaire entre 1977 et 1983, pour s’excuser des abus sexuels pratiqué par deux professeurs jésuites sur plusieurs de leurs élèves et inviter les victimes à se faire connaître. “La vérité est plus importante que l’image de l’école“, déclare Mertes alors que s’abat un véritable tsunami médiatique sur le Casinius-Kolleg. Le samedi 30 janvier, les noms des deux professeurs incriminés, Peter R. et Wolfgang St. sont rendus publics. Le mardi 2 février, un autre nom apparaît subitement dans l’affaire : celui de Bernhard Ehlen, qui aurait lui aussi procédé à des attouchements sexuels entre 1970 et 1971. Au fil des jours, la liste des victimes croît à vue d’œil. Aujourd’hui, plus de 30 victimes sont recensées, de Berlin à Bonn en passant par Hanovre ou Göttingen. Selon le journal Die Welt, certaines de ces victimes s’étaient déjà manifestées à partir de 1981, mais l’Eglise avait fermé les yeux. En parallèle, l’hebdomadaire “Der Spiegel“, qui a publié dimanche un numéro intitulé “Die Scheinheiligen“, parle de 94 cas d’abus sexuels dans 27 évêchés d’Allemagne depuis 1995. Alors que certains élèves du Casinius-Kolleg de Berlin préparent leur Abitur qui commence dans six semaines dans des conditions difficiles, la communauté jésuite ainsi que l’Eglise catholique allemande sont plus que jamais mises à mal par ces révélations en série.
 
HISTOIRE – Il y a six décennies, naissait la Stasi
Le 8 février 1950, Erich Mielke, alors chef des services secrets de la RDA depuis 1945, crée le Staatssicherheitsdienst, en plein cœur de ses bureaux de police placés à Lichtenberg, entre la Frankfurter Allee et la Magdalenenstraße. C’est en réalité depuis l’année 1947 que Mielke a commencé à construire un véritable royaume du service secret, en implantant plus de 32 services dans ses bureaux de Lichtenberg. En 1950, c’est donc tout naturellement que la toute jeune Stasi prend ses quartiers dans ces mêmes locaux. Pour la première fois, un “Minister für Staatssicherheit“ est créé : c’est Wilhelm Zaisser qui occupe cette fonction en 1950. Le siège de la Stasi s’étend alors peu à peu. Tandis que des habitants sont expulsés des maisons de certaines maisons d’habitations concomitantes aux bureaux de Zaisser, de Mielke et de leurs équipes, de nouveaux bâtiments sont sans cesse créés. Dans les années 1970, c’est donc une véritable forteresse des services secrets qui s’érige en plein cœur de Lichtenberg. Aujourd’hui, seul symbole de ce passé : le Stasimuseum, placé au cœur des locaux qu’occupaient Erick Mielke et son équipe.
Suzanne REICHENBACH (www.lepetitjournal.com/hambourg.html) mardi 9 février 2010