Photographes, journalistes et professionnels du cinéma s’accordent au rythme de la Berlinale du matin au soir. La journée-type dans les coulisses du festival suit un rituel bien précis.
Photo. Magali Floris
8h45, place Marlène Dietrich. Les accrédités du festival se bousculent à l’entrée du palais de la Berlinale, à Potsdamer platz. Deux files divisent les visiteurs. D'un côté, les journalistes au badge rouge sont autorisés à rentrer en premier. De l'autre, une longue file, pas toujours ordonnée. Voués à patienter, les badges bleus, gris ou orange espèrent s'immiscer jusqu’au dernier moment.
11h15. Le générique défile, la salle reste plongée dans le noir, mais les spectateurs se hâtent déjà de quitter leur siège. La plupart espèrent obtenir une place à la conférence de presse, qui commence quelques minutes après la projection. Un retard peut coûter cher. La salle une fois pleine, il faut se contenter de la retransmission sur l’écran à l’extérieur. Très probablement dans le froid et parfois même sous la neige.
11h30. Juste en face de la salle de cinéma, au premier étage de l’Hotel Hyatt se trouve l’accueil presse. Il n’est pas rare d’y croiser un Dieter Kosslick affairé, le directeur du festival occupe une suite quelques étages plus haut avec vue plongeante sur le tapis rouge. Dans la salle de conférence, les journalistes patientent au téléphone ou le nez dans leurs notes. Les invités - acteurs, réalisateurs, scénaristes - vont surgir d’un moment à l’autre en limousine noire, par une porte dérobée. Premier passage obligé: le «photo call». Devant une paroi bleue, les mitrailleurs officiels bombardent les stars de flashes en criant leur nom.. «Leo! Smile! Smile! Here!». Le brouhaha parvient jusqu'à l'intérieur de la salle remplie de journalistes, signe que la conférence approche. Devant l'estrade, une dizaine de cameramen postés en rang se braquent sur une petite porte. C'est là que la troupe va entrer d’ici quelques minutes et répondre au flot de questions.
14h. La routine reprend. Deuxième film suivi d’une deuxième conférence de presse. Certains spectateurs passent leur vie dans les salles obscures. Comme Philippe, qui achète des films pour une société française. En une semaine de festival, il cumule en général une trentaine de projections.
«Avoir son film programmé juste après le repas peut être fatal pour un producteur.» confie-t-il.
«Pour un meilleur impact, les producteurs doivent viser la première heure, lorsque les esprits sont encore frais.»18h30. La foule frétille aux abords du tapis rouge. Mais pour la plupart des journalistes, la journée se termine ici. Seuls certains reporters tv et radio sont autorisés à assister aux premières officielles, gala et autre remise des prix.
Magali Floris (www.lepetitjournal.com/berlin.html) mardi 16 février 2010