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PRESSE - Corazón... Corazón... |
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lundi 24 avril 2006 |
Rumeurs, scoops, détails sensationnalistes ou scabreux, les programmes people espagnols se portent plutôt bien. Pour preuve, la quantité d’émissions qui s’enchaînent sur toutes les chaînes de télévision, et la vigueur des magazines féminins à scoop. Projecteur sur un phénomène culturel bien espagnol !
Les espagnols seraient-ils friands de la vie privée de leurs starlettes nationales ? C’est en tous cas ce que laissent penser à toute heure de la journée et la nuit les chaines de télévision locales et nationales.
Du matin au soir, présentateurs et pseudos-journalistes se relaient pour diffuser en boucles images et derniers ragots de leurs étoiles nationales. En ce moment c’est la santé de Rocio Jurado, la Dalida espagnole, qui alimente toutes les émissions à scoops telles que Aqui no hay tomate, A tu lado ou Salsa Rosa.
Devant les caméras, les chroniqueurs, mâchoires crispées, témoignent. Un jeu auquel se prêtent volontiers certaines "célébrités", à coup "d’exclusités". Côté presse people, l'Espagne aligne dans les kiosques une bonne douzaine de titres à succès, dont l’incontournable Hola, une véritable institution née dans les années 50. Le magazine Pronto avec plus de 1 million de lectrices (et lecteurs…) occupe la tête des ventes. Même les moyens de communication dits "sérieux" ne restent pas en marge de cette tendance : ils sont de plus en plus nombreux à intégrer dans leurs programmes ce type de nouvelles "croustillantes". Détestée et/ou dévorée, la presse à scandales comme les programmes télé associés soulèvent pourtant des questions de fond.
Quand le gouvernement s’en mêle
Face à cette escalade de grossièreté (environ 13 heures quotidiennes de cancans et autres débats feuilletonesques), des associations de défense des consommateurs, des parents d’élèves ainsi que les confédérations syndicales UGT et CCOO ont lancé un "Manifeste" contre la télé poubelle. Le mouvement de critique a également gagné le gouvernement socialiste de José Luis Rodriguez Zapatero, qui a demandé aux chaînes de contrôler leur programmation.
Depuis quelques mois déjà, sous la responsabilité du numéro deux du gouvernement, Maria Teresa Fernandez de la Vega, les dirigeants des chaines de télévisions doivent se concerter en vue d’établir un code de "corégulation". L’Espagne étant jusqu’à maintenant dépourvue d’autorité de type CSA, le gouvernement envisage la création d’un conseil de l’audiovisuel chargé d’évaluer le contenu des programmes et, le cas échéant, de les interdire. Une idée qui ne fera pas que des heureux !
Cathy IRAOLA. (LPJ – Madrid) mardi 25 avril 2006
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