Mardi, 14 Février 2012
A 22 ans, il a été sacré meilleur joueur de l'année 2009 et a remporté toutes les récompenses du ballon rond. Mais le sait-on? Lionnel Messi, le nouveau Dieu du stade, est né et a grandi à Rosario. Aujourd'hui, portrait d'un rosarino au parcours hors du commun

2009 lui a valu tous les honneurs et l'a couronné Ballon d'Or à la quasi unanimité. A 22 ans, Lionel Messi a déjà un palmarès impressionnant. En une année, il remporte au sein de son club, le Barça, la ligue des Champions, le championnat espagnol, la Coupe du roi, la super coupe d'Espagne, la super coupe d'Europe et la Coupe du Monde des clubs, conquise le 19 décembre face à ses compatriotes, les Argentins de l'Estudiantes. Du jamais vu. A ce sextuplé de victoires collectives, font pendant les distinctions individuelles : Ballon d'Or obtenu à la quasi-unanimité (473 points sur 480), meilleur buteur de la ligue des Champions (9 buts dont 1 en final), meilleur joueur du club par l'UEFA, meilleur joueur de la ligue, Onze d'Or, trophée Alfredo di Stefano, etc.

La pulga

Messi, la vingtaine, s'est fait un nom au fil de ses exploits. Petit, vif, dribbleur, buteur, il allie classe technique et conduites de balle véloces. A Rosario déjà, tout petit, son premier entraîneur l'avait surnommé la pulga (la puce), à la fois pour sa petite taille et son jeu ultra rapide. Le surnom lui est resté, et la puce a sauté très haut sur les marches de l'Olympe. 
Son destin, il l'a conquis ballon au pied ; la cancha, c'est son milieu naturel, son moyen d'expression, l'espace où le jeune Messi, plutôt timide et réservé, se métamorphose en prince du ballon, et ce depuis toujours. Il a fait ses premières armes au club Grandoli, puis s'entraîne durant plusieurs années chez les Newell's Old Boys où il prend la tête de l'équipe infantile "La Machine du 87".
Le garçon est brillant, habile. Mais les parents s'inquiètent et consultent : le petit Messi ne grandit pas. Diagnostic : un problème hormonal qui nécessite des soins fort coûteux. Très vite, la prise en charge du traitement s'avère difficile. L'entreprise où le père travaille, puis le club Newell's endossent les frais du traitement, mais doivent bientôt passer la main. Les parents cherchent à faire appel à un club plus grand pour continuer la médication, River s'intéresse au sort du jeune prodige, mais décline les transactions avec le club de Newell's. L'Argentine laisse filer son jeune prodige.

Outre-Atlantique
Car de l'autre de l'Océan, le club espagnol de FC Barcelona a entendu parler d'un jeune garçon qui fait des merveilles avec un ballon de foot. A 13 ans, le petit Lionel est invité sur sol catalan à montrer ses prouesses à l'entraîneur de football Carlos Rexach. Le verdict est sans appel : Messi fera parti du Barça et dans l'improvisation la plus totale, l'entraîneur signe une promesse de contrat sur une serviette en papier. Trois mois plus tard, le pibe argentin laisse sa patrie et fait le choix de suivre ce club qui prend en charge son traitement hormonal et sa carrière. La suite, on la connaît : à 17 ans, il est propulsé comme professionnel sur le terrain. A 20 ans, on le considère comme un géant. Lorsqu'il inscrit un triplé contre le Real Madrid en 2007 (3-3), deux de ses buts rappellent ceux de son prédécesseur argentin, Diego Maradona, un but en coupe du roi tout en dribbles, et un autre de la main en championnat.
Et 2009 le comble de tous les lauriers : il entre dans la légende. 
Seule ombre au tableau, il peine à briller sous le maillot albiceleste. Les Argentins en majorité lui reprochent de se réserver pour le Barça et de ne pas élever le niveau de la sélection nationale en son pays. Reconnu et ovationné par le monde entier, le Mondial de football donnera peut-être l'opportunité à Lionel Messi de défendre les couleurs de sa terre natale.
Anne DEVAL (www.lepetitjournal.com - Buenos Aires) jeudi 4 mars 2010

Premier volet de la série "les grands personnages de Rosario" : Rosario cherche son che
Deuxième volet : Fontanarrosa, l'icône culturelle