Le gouvernement Boc a annoncé qu’il allait déclassifier les derniers documents encore classés "Secrets d’Etat" relatifs à la révolution roumaine de 1989. Cette décision a été prise sur demande du ministère de la Défense, du Parquet de la Cour de cassation et de justice suite à la plainte déposée par l’association de révolutionnaires "21 décembre 1989" auprès de la Cour européenne des droits de l’Homme. L’impossible accès à ces dossiers empêchait de pouvoir faire la lumière sur les morts de la révolution.
7617 dossiers émis par le ministère de la Défense vont ainsi être déclassifiés et publiés dans le "Monitor Oficial".
Le président de "21 décembre 1989", Teodor Maries, qui a mené deux grèves de la faim pour obtenir ces documents secrets, a accueilli la nouvelle de cette déclassification avec satisfaction mais aussi une certaine réserve.
"La lumière ne pourra être faite que par une enquête finale. Ces documents peuvent éclairer certains sujets, certains cas, dénoncer ceux qui ont donné l’ordre de tirer ou ont exécuté ces ordres. Mais nous ne pourrons avoir une vision intégrale que lorsqu’il existera un vrai réquisitoire, qui, de toute façon, finira par se profiler, je crois, si personne ne tente, encore une fois, de l’empêcher", a-t-il déclaré au micro de RFI Roumanie. Daniel Voinea, procureur qui a longtemps instruit le dossier des crimes de 89, estime que ces dossiers pourraient
"affecter l’image de hauts dignitaires de l’Etat, dont celle de Ion Iliescu".
La rédaction (www.lepetitjournal.com / Bucarest) jeudi 11 mars 2010