Mercredi les Hellènes étaient dans les rues pour protester contre le plan d'austérité du pays(Rédaction internationale)- "Aucun sacrifice pour la ploutocratie", "Taxer les riches",
"Les marchés doivent payer pour la crise". Voilà les pancartes qui se dressaient hier dans les rues d'Athènes. La Grèce était quasiment paralysée mercredi du moins au niveau des transports et des services publics en raison d'une grande grève générale. C'est la première fois depuis l'accession au pouvoir du gouvernement de gauche du Premier ministre Georges Papandréou en octobre dernier qu'une grève est décidée conjointement par les syndicats du public et du privé.
Au plan d'austérité du gouvernement…Face à la situation catastrophique des finances du pays et sous la pression de l'Union européenne, le gouvernement grec était allé à l'encontre de ses valeurs socialistes en mettant en branle un plan d'austérité afin de réduire le déficit public de 4 points en 2010. Les mesures y sont aussi radicales que la dette et le déficit grecs sont abyssaux. George Papandreou a ainsi prévu un arsenal antifraude, le gel total des salaires des fonctionnaires, le relèvement de deux ans de l'âge de départ à la retraite qui passe à 63 ans et demi et l'augmentation de la taxe sur les carburants et la baisse des dépenses d'hôpitaux. La ceinture est serrée jusqu'aux larmes pour une population grecque mécontente. Et pourtant, il n'est pas exclu que de nouvelles mesures plus restrictives encore soient prises. "La Grèce doit être prête à faire tout ce qui est nécessaire, y compris à prendre des mesures supplémentaires", a rappelé le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso.
(Crédits photo: AFP)
… répond une grève générale de 24 heures A l'appel des deux principales confédérations syndicales, GSEE pour le privé et ADEDY pour le public, la grève a démarré mardi soir à minuit et s'est poursuivie durant 24 heures. Les transports aériens et maritimes étaient immobilisés, les trains quasiment tous à l'arrêt. En revanche, les bus étaient rendus disponibles pour permettre aux grévistes de rejoindre les manifestations et les taxis n'avaient pas rejoint le mouvement. Les écoles étaient fermées tout comme les ministères et les services municipaux. Les sites touristiques tels que le Parthénon n'étaient pas accessibles au public. Les journalistes étaient également en grève. En revanche, le mouvement n'a pas atteint les magasins de la capitale qui étaient majoritairement ouverts. Dans les rues d 'Athènes, on comptait plusieurs milliers de manifestants (entre 10.000 et 30.000 selon les chiffres) et environ 7.000 à Salonique, la grande ville du nord de la Grèce. Cette grève intervient alors qu'une délégation d'experts de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne (BCE) et du Fonds monétaire international (FMI) est arrivée mardi à Athènes afin de contrôler la mise en œuvre du plan d'austérité et sa capacité à faire passer le déficit public de 12,7% à 8,7%.
Les Grecs pas vraiment concernésSelon le politologue Georges Sefertzis,
"cette grève est plus symbolique qu'autre chose, sans réelle conséquence". Il s'agit
"d'adresser un message au gouvernement" pour qu'il n'aggrave pas encore les mesures de restriction. D'ailleurs un récent sondage diffusé dimanche par le quotidien "Ethnos" confirme que le plan est plutôt bien vécu par les Hellènes. 57,6% des Grecs estiment que les mesures prises jusqu'à présent vont "dans la bonne direction", tandis que 75,8% pensent que la paix sociale doit primer jusqu'à la fin de la crise.
Pour autant, les syndicats menacent d'organiser de nouvelles grèves le mois prochain. Va-t-il y avoir fracture entre l'opinion public et les syndicats très remontés ?
Magali MASSA et Damien Bouhours (www.lepetitjournal.com) jeudi 25 février 2010En savoir plus:Nos articles,
GRECE – Bruxelles ne la laissera pas sombrerUE – Il faut sauver la Gr่ce … et l'euro !Article de notre Edition d'Athènes,
ECO - L'UE approuve le plan de stabilit้ grec, les syndicats coincent Article du Figaro-
La Grèce paralysée par la grève générale