La première édition du salon des créateurs s’est ouverte jeudi dans un hôtel particulier, une bonne occasion pour réunir les différentes disciplines de la création au Cambodge et permettre aux visiteurs de découvrir l’art et l’artisanat khmers revisités
C’est dans un hôtel particulier dans le quartier du musée national que se tient en ce moment même le salon des créateurs. Pour cette première journée d’inauguration, nombreux sont venus découvrir ce lieu de charme et son jardin paisible ouverts spécialement au public. Pas besoin d’être un professionnel de la création pour apprécier les expositions, on y déambule comme dans une galerie, allant de surprise en surprise. Le design côtoie la haute couture. L’art moderne se mêle aux arts de la maison. Laine, Fer, Soie… Les matières et les couleurs s’entremêlent. Des quatorze créateurs présents, tous ont fait preuve de beaucoup de créativité pour décorer la pièce qui leur était attribuée, si bien qu’on ne sait plus où commence l’art et où finit l’artisanat. L’œil du visiteur est surpris puis enchanté de voir plusieurs créateurs de disciplines et d’univers différents se mélanger avec brio dans la même salle. Ainsi les meubles de design de Bazar côtoient la vaisselle très asiatique d’Oum Manorith.
Dans la pièce de Waterlily, on se presse pour découvrir des bijoux fantaisistes et plein de poésie accrochés sur des silhouettes en carton. Les visiteurs amusés demandent "On peut toucher?"... "Bien sur, c’est fait pour ça"affirme Christine Gauthier, la créatrice . Elle salue l’initiative du salon, une grande première dans son genre : "Avant il y avait les forums de la soie à Siem Reap mais ce n’était pas pareil".
Un peu plus loin, Eric Raisina, créateur de vêtement, a fait spécialement le chemin de Siem Reap pour l’occasion. Il parvient à concilier ses influences africaines, européennes et asiatiques dans une collection tout en originalité. On citera en exemple l’utilisation du raffia de Madagascar ou sa fameuse 'fourrure de soie'. Pour lui, ce salon est une bonne opportunité "C’est la première fois qu’on montre notre travail à Phnom Penh". Il ne semble pas surpris le moins du monde par le caractère hétéroclite des créateurs présents : "c’est un salon, c’est fait pour montrer la diversité justement."
Le designer de Bazar, arrivé depuis quatre mois à Phnom Penh, voit lui plus de points communs que de différences entre les créateurs : "On a tous une démarche artistique." Il souligne un art et un artisanat totalement décloisonnés dans ce salon : "Tout va dépendre du regard qu’on porte. Une chaise peut être considérée comme un objet d’art ou de design." Le jeune designer trouve également le projet intéressant pour les Khmers qui découvrent des matériaux qu’ils connaissent, revisités par des artisans ou des artistes étrangers. Ainsi beaucoup de créateurs se sont emparés de la matière noble du Cambodge : la soie. C’est par ce type d’initiatives réussies, selon le designer, que Phnom Penh s’inscrit déjà depuis plusieurs années dans le dynamisme en matière de création.
A voir le nombre de "C’est joli ! Où est ce que je peux l’acheter?" Fusant ente les salles, et les arrêts qui se prolongent en d’interminables discussions avec les créateurs, les visiteurs étaient conquis. Le salon des créateurs, un salon par lequel on aimerait se laisser surprendre l'année prochaine, encore. Texte et photos de Marion Le Texier (www.lepetitjournal.com/cambodge.html) lundi 8 février 2010
Salon des Créateurs: No Problem park, au numéro 53 de la rue 178.