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La Chambre de Commerce Franco-Thaïe a trouvé son nouveau directeur. Affectivement attaché à la Thaïlande après y avoir débuté une carrière alternant entre le secteur industriel et les milieux ONG, Emmanuel Cibla souhaite affiner l’offre de services aux membres, développer l’aspect biculturel et renforcer les partenariats institutionnels Emmanuel Cibla a pris ses fonction de directeur de la Chambre Franco-Thaïe le 4 janvier dernier (photo courtoisie CCFT)
Depuis le départ en décembre de Marianne Dailloux, la Chambre de Commerce Franco-Thaïe (CCFT) cherchait un directeur accoutumé à l’Asie, ayant l’expérience du secteur privé et capable d’évoluer dans les milieux institutionnels. Arrivé le 4 janvier, Emmanuel Cibla semble répondre à ces principaux critères. A 35 ans, cet ingénieur issu de l’Ecole des Mines a déjà travaillé dans le conseil et l'industrie pour des enseignes telles qu’Alsthom, Cap Gemini, et Deloitte, mais aussi dans le secteur de l’humanitaire pour Première Urgence ou encore Action Contre La Faim. Il découvre la Thaïlande en 1997, à l’occasion d’un stage auprès de la direction d’Alsthom. En parallèle, il commence à apprendre le thaïlandais. Après deux ans, il retourne en Europe où il passera 7 ans en tant que consultant dans les domaines de la stratégie, analyse de marché, gestion de portefeuille et des risques… pour le cabinet Deloitte (Braxton) puis Cap Gemini. Après neuf ans dans le secteur privé, le jeune cadre ressent le "besoin d’une bouffée d’air frais", et se dirige alors vers l'humanitaire. Il rejoint l'ONG Première Urgence en 2006 au Liban, avant de devenir directeur pays au Laos, de 2008 à août 2009, pour Action Contre la Faim. Il enchaîne plusieurs missions courtes d'audit en Indonésie et au Bangladesh avant de venir à Bangkok en décembre dernier chercher du travail. "Je suis venu chercher du travail à Bangkok pour trouver une certaine stabilité et pour ma famille", explique ce papa d'un garçon de six ans. Il passe alors par le pôle emploi de la CCFT, alors en pleine recherche d'un directeur, un "mouton à cinq pattes" selon les termes de l’ancienne directrice, Marianne Dailloux (voir notre article du 17 décembre 2009).
Quatre grands chantiers au programme Emmanuel Cibla attaque sa mission avec quatre grands chantiers en perspective à réaliser en parallèle de la gestion du quotidien de l'association. Dans un premier temps, il souhaite mieux redéfinir et segmenter le portefeuille des membres de la chambre, afin de pouvoir s'adapter et répondre davantage aux attentes spécifiques, à la fois des PME et des multinationales. "Définir un portefeuille de membres en se basant sur des critères [de membres] tels que "petit, grand, moyen" n’est pas suffisant, il nous faut segmenter le portefeuille par familles [pour proposer des services adaptés]", précise-t-il. Le nouveau directeur de la CCFT entend aussi développer le côté thaïlandais de la chambre, en commençant par les membres. "En général, l’export ne regarde que vers la Thaïlande. Nous, on considère les deux flux. Jusque là, l’introduction des entreprises thaïlandaises sur le marché français se faisait surtout via Promosalons, mais nous comptons développer les services d’accompagnement et proposer les mêmes que ceux offerts aux entreprises françaises en Thaïlande". Cette thaïsation de la chambre comprend aussi un rapprochement vis-à-vis des institutions clés comme la Fédération des industries thaïlandaise (FTI). "C’est une force si au travers de la CCFT les membres atteignent les institutions thaïlandaises". Enfin, il estime important, particulièrement en Thaïlande, d’entretenir une biculturalité entre le personnel de la chambre et les membres. "C'est une nécessité car les francophones sont à un moment ou à un autre en contact avec des entreprises thaïes, ils en ont besoin pour leur business", rappelle-t-il, soulignant : "la biculturalité franco-thaïe fait aussi partie de ma réalité personnelle". Le nouveau directeur de la chambre prévoit en parallèle de consolider et renforcer les relations avec les autres membres de l'Equipe de France de l'export, en particulier Ubifrance et le Service économique de l’Ambassade de France, à l’approche du renouvellement de la convention de partenariat avec ce dernier. "On a tout à gagner à une collaboration entre les acteurs". Un projet de Centre de commerce euro-asiatique devrait aussi voir le jour avec pour objectif d'offrir une vision régionale du commerce. Un appel d'offres est d'ailleurs prévu dans les prochaines semaines. "Il devrait y avoir un consortium de chambres bilatérales pour y répondre, et la Chambre de Commerce Franco-Thaïe veut faire partie de cette aventure", explique Emmanuel Cibla. Quentin WEINSANTO (http://www.lepetitjournal.com/bangkok.html) jeudi 4 février 2010
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