|
A cinq semaines du scrutin, la tension monte dans les états-majors des partis politiques. Les socialistes espèrent rafler les 22 régions de France métropolitaine, mais l'affaire Frêche est un sérieux caillou dans leur chaussure. A droite, c'est la grogne. Les Verts, le Modem et le FN sont en embuscade
(Rédaction internationale) - La France sera-t-elle "toute rose" le 21 mars, comme le rêve Martine Aubry ? Si les sondages montrent le relatif désintérêt des Français pour les élections régionales, avec près de 50% d'abstention prévue, le monde politique est en effervescence.
Grogne à l'UMP Il sera difficile pour la majorité de conserver l'Alsace et la Corse, les seules régions encore à droite. Nicolas Sarkozy a refusé de se jeter personnellement dans la bataille, mais s'est néanmoins rendu en Corse, pour tenter de convaincre les insulaires. 20 ministres mouillent aussi la chemise, dont 8 en tant que têtes de liste. Valérie Pécresse (Ile-de-France), Xavier Darcos (Aquitaine) ou encore Alain Joyandet (Franche-Comté) sont sur le pont. Le bouclage des listes a été on ne peut plus laborieux, et seuls 60% des délégués les ont approuvées lors du conseil national de l'UMP. Ils estiment qu'une place trop importante est accordée au Nouveau Centre, à la Gauche Moderne de Jean-Marie Bockel, ou à CPNT. L'aile droite de l'UMP n'a pas non plus été oubliée, Christine Boutin et Philippe de Villiers sont également satisfaits. Thierry Lazaro, député UMP du Nord, excédé par cette politique d'ouverture, a claqué la porte et dénoncé la "copinocratie" qui a régi les arbitrages.
Le cas Georges Frêche Rue de Solférino, c'est le cas Georges Frêche qui focalise l'attention. Suite à son dérapage verbal envers Laurent Fabius (lire notre article), le PS a investi Hélène Mandroux, maire de Montpellier, à la tête d'une liste alternative à celle conduite par le président sortant de la région Languedoc-Roussillon. Les socialistes qui se présenteront sur la liste de Georges Frêche seront "de fait" exclus du parti. Celui-ci, contestant la validité de la liste Mandroux qui n'a pas été approuvée par convention, a déposé un recours devant le tribunal de grande instance de Paris. "Martine Aubry veut un bras de fer avec le peuple de gauche du Languedoc-Roussillon : elle va le perdre", a-t-il menacé.
Alliances La question des alliances est, comme toujours, stratégique. Au PS, la décision a été prise de ne pas s'allier avec le Modem avant le 14 mars. N'en déplaise à Ségolène Royal présidente du conseil régional en Poitou-Charentes. Les militants PS lui ont adressé une lettre ouverte pour lui faire connaître leur opposition à toute ouverture. Les Verts, eux, ont refusé la main tendue par le PS en Languedoc-Roussillon. “Nous voulons contruire dans la durée sur un projet”, explique Cécile Duflot. Bien que l'eurodéputé Daniel Cohn-Bendit estime "improbable" que les écolos ravissent des présidences de régions au PS, tous espèrent un score à deux chiffres.
Nouvelles têtes Le président du Modem, François Bayrou, a dû faire face à de nombreuses défections, les transfuges dénonçant sa stratégie d'opposition systématique à Nicolas Sarkozy. En manque de candidats et d'élus, il a dû recruter de simples militants. Alain Dolium, un chef d'entreprise d'origine antillaise, néophyte en politique, a ainsi été bombardé tête de liste en Ile-de-France. Quant au Front National, Marine Le Pen espère beaucoup de son score dans le Nord, qui aura valeur de test pour la bataille de succession à la tête du parti. A noter l'arrivée d'une troisième génération de Le Pen en politique : Marion Maréchal-Le Pen, 19 ans, et petite-fille de Jean-Marie, occupera la deuxième place sur la liste FN dans les Yvelines. Enfin, en plein débat sur l'identité nationale, Olivier Besancenot fait le buzz en présentant une jeune candidate voilée, Ilham Moussaïd, sur la liste NPA du Vaucluse, en région Paca. MPP (www.lepetitjournal.com) mercredi 3 février 2009
En savoir plus : Le nouvel Obs : Grogne parmi les députés UMP La Voix du Nord : Thierry Lazaro attend "la moulinette"après les élections régionales.
|