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Ces jours-ci le pays célèbre la résurrection du Christ. Pour les Roumains, c'est le moment de se recueillir, de se retrouver en famille et d'oublier les soucis
Au milieu de la rue, une communion dans la lumière (photo LPJ)
L’église Dichiu, rue Icoanei à Bucarest, samedi soir vers minuit. Environ deux cents personnes, regroupées autour de l’entrée du lieu saint, tiennent une petite bougie dans leurs mains. Le prêtre, en haut des marches, chante que le Christ a ressucité.
Enfants, parents et grand-parents, reprennent en coeur ses paroles. Ils sont là debout face à l’église, au milieu de la rue, immobiles. Entre deux sermons, le prêtre invite ses fidèles à “penser aux victimes des inondations”. A la fin de la messe, cette foule de lumières commence à se disperser, chacun repart avec sa petite bougie en prenant garde qu’elle ne s’éteigne pas.
“C’est un moment très particulier pour nous, explique Adrian, jeune informaticien, qui rentre chez lui entouré de ses proches. Cette fête est encore plus importante que Noël, nous y sommes très attachés. Et puis en famille on oublie les soucis“. Pâques, toujours très présente Selon le sociologue Alfred Bulai, récemment interrogé par le quotidien Evenimentul Zilei, “Pâques est une fête religieuse et sociale. C’est un vrai spectacle avec tout un cérémonial qui crée une atmosphère très particulière”. Si aujourd’hui les jeunes vont moins souvent à l’église, plusieurs études montrent que la Roumanie reste l’un des pays les plus religieux d’Europe malgré des années de restriction.
Sous le régime communiste, certains membres du parti inventaient divers prétextes pour que la population oublie les fêtes religieuses, programmant des activités sportives ou “culturelles”. Le jour de Pâques était dédié, comme beaucoup d’autres, au couple Ceausescu. A la télévision, rien n’était programmé pour célébrer la résurrection du Christ, mais il n’était pas interdit d’aller à l’église. Des membres de la nomenklatura - dirigeants communistes - célébraient Pâques de façon discrète. Une fête lumineuse que rien, jusqu’à présent, n’a pu affaiblir. L.C. (LPJ - Bucarest) lundi 24 avril 2006 |