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L’Espagne, loin de respecter les accords passés lors du protocole de Kyoto en 1990, serait aujourd’hui le pays industrialisé le plus polluant en ce qui concerne l’émission de gaz à effets de serre. La menace d’une facture-sanction de 3,5 milliards d’euros pourrait bien forcer le gouvernement à revoir rapidement sa politique environnementale
La situation environnementale en Espagne empire. Les émissions de gaz à effet de serre auraient augmenté de plus de 52.8% par rapport à 1990, année référence du protocole de Kyoto. Un chiffre catastrophique quand on sait qu’à cette date, l’Espagne s’est engagée à réduire de 5.2% ses émissions de gaz avant 2012.
D’après le rapport du département sur l’Environnement et la Commission du Travail, le pari semble loin d’être gagné. Son secrétaire confédéral, Joaquin Nieto, dénonce ainsi une absence totale de coordination gouvernementale sur le sujet. Malgré les promesses politiques, les émissions ne cessent d’augmenter, d'année en année. Et aujourd’hui, la sanction financière risque d’être lourde de conséquences pour l’Espagne : pour respecter le cadre de l'accord, le pays devra acheter à ce rythme quelque 3,5 milliards d'euros de droits d'émissions dans les cinq prochaines années.
Des mesures fantômes
Pourtant, la ministre de l’Environnement Cristina Narbona se montre plutôt confiante et satisfaite des efforts fournis. Selon elle, grâce au plan mis en en oeuvre par le gouvernement en 2006, un millier d’entreprises vont devoir se plier aux normes imposées par le protocole pour lutter contre les effets nocifs de ces gaz responsables du réchauffement de la planète. L'Espagne espère ainsi réduire de 0.4% le chiffre publié par le rapport. Un résultat toutefois bien mince quand on connaît le chemin qu’il reste encore à parcourir d’ici 2012...
Pour un pays comme l’Espagne, en pleine expansion depuis la signature de Kyoto il y a 16 ans, les engagements pris alors, et faussés depuis par de nouveaux besoins, risquent fort d’être difficiles à tenir. A moins que le pays ne se tourne vers l’énergie éolienne qui permet, aujourd’hui déjà, d’éviter l’émission de quinze millions de tonnes de dioxyde de carbone dans l’air. Après seize ans, espérons que le vent tourne enfin pour le plus gros pollueur du protocole de Kyoto.
Sabrina KHENFER. (LPJ) 24 avril 2006 |