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MAL-LOGES – C'est plus possible ça ! |
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mardi 02 février 2010 |
La Fondation Abbé Pierre a rendu son 15e rapport annuel sur le
mal-logement en France. Et malheureusement, il est toujours accablant.
3,5 millions de Français sont mal-logés et en tout
10 millions de personnes seraient affectées par la crise du logement.
L'organisation tire la sonnette d'alarme et propose des solutions
(Rédaction internationale) - La Fondation Abbé Pierre, qui vient de remettre son rapport annuel, appuie une nouvelle fois là où ça fait mal. Les chiffres parlent d'eux-mêmes: 100.000 personnes sans domicile fixe (AFP), 3,5 millions de mal-logés, dont 600.000 enfants et 6,6 millions dans une situation de "réelle fragilité" face au logement.
La faute à quoi ? L'organisation a trouvé deux coupables, bien aidés par les effets désastreux de la crise économique mondiale : le manque de logements et le budget de plus en plus conséquent que celui-ci représente. La construction de logements est en baisse et la fondation estime à 900.000 le nombre de toits supplémentaires nécessaires. Pas d'accès au logement signifie également une aide au logement inutile. "La loi sur le droit au logement opposable (Dalo) va dans le mur. En septembre, 10.000 ménages ont été reconnus "prioritaires"… mais sont toujours en attente de logement", souligne Christophe Robert, directeur d'études à la fondation Abbé Pierre.
D'autre part, en 2002, les Français dépensaient en moyenne 7.900 euros par an pour leur logement contre 9.700 euros aujourd'hui. Les charges ont beaucoup augmenté +20% entre 2001 et 2007, notamment à cause du chauffage. Résultat : 3,4 millions de ménages sont touchés par la précarité énergétique et usent de stratagèmes dangereux pour faire des économies : boucher les aérations, utiliser des vieux poêles …
La faute à qui ? La Fondation Abbé Pierre dénonce les échecs des différentes politiques de la ville. "L’absence de volontarisme, lui, conduit à de telles dérives inacceptables, inqualifiables, inexcusables. Au regard de ces quinze rapports, les réponses apportées pour les pouvoirs publics sont pour le moins insuffisantes… ou en trompe-l’œil", écrit Raymond Etienne, président de la fondation Abbé Pierre, en préambule du rapport de 230 pages. La Fondation propose des solutions et suggère "d'imposer dans tout programme immobilier de plus de 10 logements un quota minimum de 30% de logements à loyers accessibles" mais aussi de généraliser la taxe sur les logements vacants qui obtient de bons résultats dans 8 agglomérations pilotes. Autre idée : encadrer les loyers entre chaque location en les calant sur l'indice de référence des loyers. Aucune règle n'oblige jusqu'à présent les propriétaires à limiter l'augmentation de leur loyer avant d'accepter un nouveau locataire, hors augmentation annuelle.
Alors que le nombre d'expulsions pour non-paiement de plusieurs loyers a explosé (de 25 à 50% d'augmentation entre 2002 et 2008 selon les études), l'organisation demande "la suspension des expulsions locatives des personnes de bonne foi" jusqu'à la fin de l'année. Ce petit geste réclamé par la Fondation Abbé Pierre pourrait représenter un énorme cadeau fait par l'Etat à ceux qui ne savent pas encore si demain ils auront un toit sous lequel vivre. Damien Bouhours (www.lepetitjournal.com) mardi 2 février 2010
En savoir plus
Article du JDD, Logement: La crise s'aggrave
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