Mardi, 14 Février 2012
Pékin, pourtant intéressée par la Grèce, a finalement décidé de se retirer. Il n’y aura pas de prêt, ni transfert, rien qui lie les deux pays sur le long terme. La Chine renforce un peu plus sa position de force sur les marchés financiers internationaux

Athènes a encore du souci à se faire pour redresser son économie... (image libre de droit flickr.com)

Entre Grèce et Chine le deal aurait pu être idéal pour les deux parties. Athènes voulait restructurer sa dette, et Pékin diversifier les placements de ses quelques 2.400 milliards de dollars US de réserves. Le 25 janvier, la Grèce vendait pour 25 milliards d’euros en bons publics à 5 ans et 6,1%. Elle espérait ainsi en placer autant à Pékin. Ainsi, le cabinet du premier ministre Georges Papandreou espérait réduire à 3%, d’ici 2012, le déficit de 13% qui place la Grèce en position de lanterne rouge de l’Union Européenne.

Les choses ont vite mal tourné. La Commission Européenne a dénoncé les statistiques hellènes comme fantaisistes, diffusant une douche froide sur les acheteurs. Puis Yu Yongding, de la CASS (Académie chinoise des Sciences Sociales), un mentor supposé des autorités monétaires, s’est ostentatoirement porté contre l’achat de bons hellènes : "C’est à l’Union Européenne ou la Banque centrale européenne de sauver la Grèce": scellant ainsi le sort de cette tentative, tandis que le ministre grec des finances s’enferrait dans un pauvre démenti…

L’intérêt de cet incident, est d’éclairer la passion de Pékin pour des pays "pauvres"et aux portes de l’Europe, telles Serbie ou Grèce. L’armateur Cosco a déjà racheté pour 3,4 milliards d’euros la concession du port du Pirée. Pour la Chine, prêter à Athènes, c’était se créer un allié votant dans les institutions de l’Union Européenne, qui n’aurait rien eu à lui refuser à l’avenir. Mais Pékin semble avoir aujourd’hui un intérêt encore plus fort que ses percées stratégiques dans le monde : la sécurité de ses réserves financières!

Eric MEYER, Extrait du Vent de la Chine N°4 (www.lepetitjournal.com - Shanghai) mardi 2 février 2010