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MEDIAS - Giesbert ronge Chirac jusqu'à l'os |
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| Ecrit par Betty RUBY,
le 23-04-2006 23:00
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La tragédie du président, l’essai de Franz-Olivier Giesbert n’est pas un simple pamphlet anti-Chirac, mais un massacre en bonne et due forme… qui s’arrache en librairie. Car le directeur du Point y dit absolument tout. Et peut-être aussi n’importe quoi
Comment distinguer le vrai du faux dans ce recueil d’anecdotes assassines ?
Chirac est l’incarnation du déclin français. Il mange comme un ogre et dévore de la même manière tous ses collaborateurs qu’il jette ensuite sans un regard. Incapable de la moindre action politique, il a ressuscité trois fois de sa belle mort, car ce qu’aiment en lui les Français, c’est son côté éternel looser : un être flou, vaseux et fataliste. Voilà ce qu’écrit sur 400 pages Franz-Olivier Giesbert, le directeur du Point, dans La tragédie du président. Giesbert commence son brûlot en disant qu’il faut se méfier des journalistes qui ont des oreilles partout et consignent tout dans leurs carnets à spirale.
Ainsi, pendant 20 ans, l’homme a noté les confidences de Chirac et de son entourage. Et là, il s’est dit qu’il fallait les sortir. En effet, La tragédie du président devait paraître avant le vrai décès de Chirac. Après elle n’aurait plus eu de sens et on aurait reproché à Giesbert de se repaître d’un cadavre. Ça balance de tous les côtés En termes de calendrier marketing, c’était le bon moment, d’autant que le livre est sorti début mars, au début de la tourmente CPE. D’ailleurs, depuis, ça marche du feu de Dieu : les 50.000 volumes du tirage initial ont été écoulés en deux jours, Flammarion a réimprimé en catastrophe 150.000 exemplaires, et il caracole toujours en tête des ventes. Il faut convenir que le phrasé est alerte et les anecdotes croustillantes.
On y apprend par exemple les souffrances familiales de Chirac ou que le poète Villepin est d’une grossièreté quotidienne à couper le souffle, ou page 156 que Sarko aurait dit de Chirac : "On croit que Jacques Chirac est très con et très gentil. En fait, il est très intelligent et très méchant". On ne sait pas quand, ni où, ni dans quel contexte le maire de Neuilly a sorti cette phrase, mais ça ne pose pas de problème à Giesbert. Qui n’a pas lu Giesbert ne peut comprendre la nature du journalisme L’auteur, qui se désigne ainsi et parle de lui à la troisième personne, fait du "off" sa principale source documentaire : pas d’autre témoin que lui sur ce qu’il aurait entendu et noté. Et c’est bien ça qui dérange, cette suffisance omnipotente. Ainsi, écrit Giesbert : "Qui n’a pas vécu une journée avec lui, passe à côté de la vraie nature de Chirac" ou "Qui n’a pas entendu Chirac évoquer le modèle américain en tête à tête, ne peut comprendre la vraie nature de l’homme." Une chance que Giesbert ait été là pour le relater… Si son bouquin n’est pas détestable à lire, le procédé l’est, car il mélange, sans l’affirmer, le témoignage et la fiction. Oui, avec un tel exemple, Giesbert prouve qu’il faut se méfier des journalistes. Avec une seule question : pourquoi les croire ? Betty RUBY. (LPJ) 24 avril 2006
"La tragédie du Président - Scènes de la vie politique. 1986-2006", Franz-Olivier Giesbert, Flammarion, 20€, 406p
En savoir plus Marianne, FOG massacre Chirac... et la France Le Monde, Du bon et du mauvais usage du "off" en politique 20 Minutes, Franz Olivier Giesbert : "Je n'avais jamais connu une telle violence en politique"
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