Mardi, 14 Février 2012
La semaine aura été rude pour tous les acteurs réunis à Belfast pour tenter de sauver le processus de paix en Irlande du Nord. Dès lundi, les premiers ministres d'Irlande et de Grande-Bretagne se sont rendus là-bas, pour apporter soutien et conseils aux différents protagonistes.

Brian Cowen et Gordon Brown ont tout fait pour tenter de sauver la fragile coalition du gouvernement local, biconfessionnel, partagé entre le Premier ministre Peter Robinson du Parti unioniste démocrate (DUP), protestant, et le vice premier ministre Martin McGuinness du Sinn Féin, catholique.
Les discussions achoppent toujours sur la question du transfert de Londres vers Belfast des pouvoirs en matière de justice et de police. Ce transfert est le dernier obstacle à l'application durable des accords de paix dits du Vendredi Saint signés en 1998.
Gordon Brown et Brian Cowen sont favorables à ce transfert.Mais les protestants du DUP exigent d’autres garanties en contrepartie, notamment l'autorisation pour certains groupes protestants de défiler près de quartiers catholiques.
Gerry Adams, le leader du Sinn Féin, a laissé entendre que son parti pourrait quitter l'exécutif régional faute d'un accord avec le DUP, ce qui marquerait la fin de la coalition gouvernementale en place depuis plus de deux ans. A quelques mois des législatives, Gordon Brown veut quant à lui sauver le processus de paix en Irlande du Nord, l’un des dossiers clé du bilan des travaillistes au pouvoir.

48 heures de plus
Un accord de compromis a tout de même été ébauché. Il stipule que les transferts pourraient être voté début mars et avoir lieu d'ici le mois de mai. Les deux partis au pouvoir, DUP et Sinn Féin, ont jusqu'à demain vendredi pour se prononcer sur leurs décisions finales et trouver un accord. Faute de quoi, ce sera aux deux Premiers ministres britanniques et irlandais d'offrir leur propre solution.
Gordon Brown a déjà annoncé que 800 millions de livres seraient alors versées afin de mettre en place les structures nécessaires au fonctionnement de la police et de la justice. "Les discussions ont continué jusqu'aux premières heures du matin. Elles ont été difficiles mais les différentes parties se sont parlées de bonne foi et il y a eu une discussion franche sur un certain nombre de questions», a déclaré un porte-parole de Downing Street.
Brian Cowen se dit déçu du résultat de ces trois jours de négociations mais reste optimiste :"Nous voulons un résultat, nous voulons une issue positive, nous voulons un accord” a-t-il déclaré.

Catherine Legras (www.lepetitjournal.com/dublin) Jeudi 28 janvier 2010