Mardi, 14 Février 2012

Wei, dirige le bureau de Shanghai du cabinet d’avocats Zhonglun W&D. Entretien avec un avocat francophile, à l’expérience unique en Chine.

(Crédit photo: Wei Lin)


Le petitjournal.com : Diplômé en droit chinois, vous partez étudier à Harvard puis à Paris, pour 7 ans. Pourquoi avoir choisi cette formation juridique française ?
Wei Lin: Il est vrai que la plupart des juristes chinois sont anglophones et très peu francophones. Mais le droit français reste un symbole du droit continental, sur lequel est fondé tout le droit chinois. Par ailleurs, la langue française a toujours été très importante pour moi. J’ai donc choisi de partir étudier le droit français à l’université Paris II.

Quels enseignements tirez-vous de votre expérience en France ?
J’étais surtout impressionné par le fait qu’il existe, en France, un grand nombre d’écrits et commentaires des universitaires et juristes, sur la jurisprudence. Cette doctrine joue, par ailleurs, un rôle primordial dans l’application du droit français, car elle permet une meilleure analyse et compréhension de ce dernier.

En Chine, la plupart de la jurisprudence n’est pas publiée. Aussi, la doctrine chinoise reste très théorique et peu pratique, au détriment d une application plus efficace du droit chinois.

Vous avez exercé la profession d’avocat en France et maintenant en Chine, sentez-vous une grande différence dans cet exercice entre les deux pays ?
Je pense que la seule différence se situe au niveau des relations qu’entretiennent les avocats avec les autorités administratives et les institutions juridiques. En Chine, ces différentes relations sont toujours guidées par la notion de "face". Au contraire, en France, ce rapport de force n’est pas prédominant dans les affaires !

Un grand nombre de cabinets internationaux s’installent en Chine. Ressentez-vous une forte concurrence de leur part ?
Au contraire, notre cabinet Zhonglun W&D travaille en relation avec beaucoup de cabinets français et internationaux présents à Shanghai et en Chine. Par exemple lorsqu’un contentieux est porté en justice, les avocats étrangers ne sont pas autorisés à plaider. Ainsi, notre cabinet propose une assistance juridique globale et offre aux cabinets et entreprises étrangers une connaissance culturelle et pratique du droit chinois.

Quels sont vos projets pour la suite ?
Notre objectif à long terme est que le cabinet Zhonglun W&D devienne un cabinet d’avocat international. Nous avons déjà 7 bureaux en Chine et également à Hong-Kong, Riyad, Paris et Londres. Nous voulons continuer dans cette voie.

Solène Mélot, (www.lepetitjournal.com - Shanghai) mercredi 27 janvier 2010

Informations complémentaires
http://www.zhonglunwende.com/english/

Contact : +86-021-31338178
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