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Le musée du château de Milan expose pour la première fois des originaux du Codice Trivulziano, tenu par Leonard de Vinci de 1487 à 1490. On y découvre la variété des intérêts du maître et sa contribution dans l’histoire de la ville
Photo musée du Castello Sforzesco - Une page du Codice Trivulziano
Art de la guerre, art tout court, médecine, optique, architecture, linguistique… Leonard de Vinci s’intéressait à tout et innovait en tout. L’exposition qui se tient au Castello Sforzesco, témoigne de son génie en montrant pour la première fois aux visiteurs des pages du Codice Trivulziano. Ces originaux sont exposés à tour de rôle dans la salle "Sala delle Asse", dont les fresques sont attribuées à Léonard.
Dans ce premier Codice, commencé après son arrivée à Milan en 1487, on trouve des croquis, des portraits, des caricatures et des listes de vocabulaire, écrites comme à son habitude de droite à gauche. Sur la même page, il pouvait aborder des sujets très divers et superposer des séries de mots et des dessins. Autodidacte en linguistique, il a relevé plus de 8.000 mots, important témoignage de l’histoire de la langue italienne. Il s’est aussi consacré à l’architecture, à la médecine, à l’ombre et la lumière, à l’optique… Dans son livre de notes, il propose par exemple un moyen de regarder une éclipse sans risque pour les yeux.
Au service du More
Cinq cents ans après son dernier séjour à Milan, cette exposition constitue l’occasion de rappeler combien la ville est imprégnée de ce génie, qui l’a habitée pendant vingt ans. Les premiers croquis étaient destinés à convaincre Ludovic Sforza, dit le More (duc de Milan, 1452 – 1508), de l’embaucher. Da Vinci proposait par exemple de monter une grande échelle sur un navire pour prendre plus facilement une tour. Il a également inventé des techniques de fusion pour les bombes, des pièges et de nouvelles armes.
Devenu ensuite "l’homme à tout faire du château", il a participé à la construction du Duomo, imaginé le réseau de canaux de la ville - plus dense à l’époque - érigé une statue équestre pour le père de Ludovic, François Sforza, et peint de nombreux tableaux.
A l’extérieur, via Mercanti et via Dante, une série de cent panneaux offre une intéressante introduction à l’exposition (ou conclusion, selon votre itinéraire). Ces panneaux abordent plus largement la vie de Leonard de Vinci, d’autres manuscrits et ses œuvres. Une partie importante du parcours analyse La Cène, dénonçant les fausses "révélations" de Dan Brown dans son best-seller.
Corentine GASQUET - LPJ Milan - jeudi 27 avril "Il Codice di Leonardo Da Vinci", Castello Sforzesco, jusqu’au 21 mai 2006
Tous les jours sauf le lundi, de 9h à 17h30, gratuit à partir de 16h30 du mardi au jeudi, le vendredi, gratuit après 14h
Pour plus d’informations, le site du musée |