Mardi, 14 Février 2012
Du 26 janvier au 6 février, le théâtre Hebbel Am Ufer accueille la 7ème édition du festival Context, qui s’attache à examiner l’état des sentiments dans le monde d’aujourd’hui

Photo. HAU

Quels rapports, en ce début de 21e siècle, entretiennent les hommes avec leurs sentiments ? Sommes-nous plus que jamais capables de les exprimer ou, bien au contraire, en sommes-nous peu à peu dépossédés ? Savons-nous précisément ce que nous ressentons et pourquoi nous le ressentons ?

Expression artistique et réflexion éthique
Tels sont les questionnements de fond qui sous-tendent la 7ème édition du festival Context, intitulée Anästhesie der Gefühle (Anesthésie des sentiments) et organisée par le théâtre Hebbel Am Ufer du 26 janvier au 6 février. "Le fait que, de nos jours, les informations sur les guerres circulent à travers le monde entier ne signifie pas que la faculté de penser à – et sur – la souffrance des hommes vivant loin de nous se soit accrue de manière notable". Cité dans le programme de présentation, ce constat de Susan Sontag s’impose avec la force de l’évidence – chacun, se basant sur sa propre expérience, peut facilement en vérifier la pertinence – et donne le ton, volontiers polémique, d’un festival mêlant étroitement expression artistique et réflexion éthique. Il ne s’agit pas seulement de présenter des œuvres contemporaines mais aussi, dans le prolongement de la représentation, d’inciter le public à s’interroger sur le contexte social et politique dans lequel ces œuvres s’inscrivent.

Réminiscences de Luis Bunuel, George Romero et David Lynch
Se déployant sur douze jours, le programme de cette 7e édition de Context contient largement de quoi nourrir la pensée – et alimenter la discussion. Le bal est ouvert par Sweet dreams are made of, spectacle imaginé par les danseuses/chorégraphes Simone Aughterlony et Isabelle Schad (deux habituées du Hebbel), dans lequel flottent des réminiscences des films de Luis Bunuel, George Romero et David Lynch : de beaux frissons en perspective… Très intrigants sont aussi Wild Life Take Away Station, performance d’Ibrahim Quraishi axée sur l’idée d’obscénité, Finally I’m no one, solo du jeune chorégraphe américano-palestinien Tarek Halaby hanté par le conflit du Proche-Orient, et Look Mummy, I’m dancing, monologue autobiographique de l’actrice transsexuelle Vanessa Van Durme, révélée par le fameux Tous des Indiens d’Alain Platel. Deux fortes personnalités de la scène contemporaine, Win Vandekeybus et Carlotta Sagna, présentent également leurs dernières créations dans le cadre de ce Context #7.

Conçue en partenariat avec le non moins passionnant festival Club Transmediale – qui se déroule du 28 janvier au 7 février –, une partie du programme, incluant notamment le Japonais Hiroaki Umeda, tend à explorer les relations existant entre la lumière, le mouvement et le son.
Divers ateliers, débats et autres conférences viennent compléter un ensemble particulièrement dense.
Jérôme Provençal (www.lepetitjournal.com/berlin.html) mercredi 27 janvier 2010

www.hebbel-am-ufer.de

www.clubtransmediale.de