Mardi, 14 Février 2012

Discipline sportive encore récente dans sa pratique populaire, le golf français est absent des tableaux du mérite au niveau mondial et un peu moins sur le plan européen. Mais une politique ambitieuse de formation entreprise par la FFG dans les années 1980, commence à porter ses fruits, avec Victor Dubuisson, 19 ans , numéro 1 mondial amateur, comme tête de gondole de la nouvelle génération

Grégory Bourdy célébrant sa victoire à Hong Kong (AFP)

Aucun golfeur français ne figure dans le Top 100 mondial. Le dernier classement européen, au 18 janvier 2010, dénombre quatre Français : Grégory Bourdy, Mickaël Lorenzo-Vera, Raphaël Jacquelin et Jean-Baptiste Gonnet, situés entre la 32è et la 76è place. Le bilan général du golf professionnel tricolore est pourtant loin d’être catastrophique. En raison, tout d’abord, des victoires, l’an passé, de Thomas Levet (Espagne), Christian Cevaer (European Open en Angleterre) et de Grégory Bourdy (Hong-Kong), et la participation de Levet, Bourdy et Jacquelin à la finale de l’Ordre du Mérite européen (Race to Dubaï), avec un classement final dans la première moitié du tableau. Certes, les Français ne gagnent pas encore de Tournois Majeurs, ceux-là mêmes aux Etats-Unis que trustaient Tiger Woods, avant ses escapades nocturnes, et un bataillon de Britanniques et de cousins plus ou moins proches (Afrque du Sud, Australie…), issus de l’ancien empire du Commonwealth.

Le développement du golf en France
Jean Garaialde a fait beaucoup pour la popularité du golf en France, dans les années 1960. Vainqueur de l’Open de France en 1969, il a ouvert la brèche dans laquelle se sont engouffrés Jean Van de Velde, tout proche de remporter le British Open en 1999, imité quelques années plus tard par Levet, qui lui eut plus de réussite en gagnant la Ryder Cup, avec la formation européenne. Levet et Van de Velde, symboles du “baby boom” du golf français, orchestré par l’ancien président de la Fédération française de golf, Claude-Roger Cartier, au début des années 1980, avec le développement immobilier du golf, et la mise en place d’une structure de formation performante. Alexandre Kaleka, 22 ans, a remporté une épreuve de l’Allianz Golf Tour, l’an passé, six jours après être devenu professionnel. Passé par le Pôle France et la structure d’entraînement de Montpellier, il est tout proche de rejoindre, cette année, Hébert, Guerrier et Gonet sur le circuit européen, où les deux premiers sont des purs produits de la formation française, qui commence à obtenir des résultats.

Dubuisson, un talent de famille
Le plus beau fleuron de cette garde montante, s’appelle Victor Dubuisson. Le neveu de l’ancien grand basketteur du Mans, du Racing et des Bleus, est le premier golfeur français à avoir conquis le rang de numéro 1 mondial amateur, du haut de ses 19 ans, ainsi qu’un titre de champion d’Europe. Eric Beline, professionnel de golf, vice-champion de France amateur en 1985, vainqueur de la prestigueuse Biarritz Cup la même année, où figure au palmarès l’Espagnol José-Maria Olazabal, membre de l’équipe de France de 1985 à 1990, est catégorique : “Victor Dubuisson possède déjà un niveau phénoménal, qui doit lui permettre de gagner un Tournoi Majeur dans les cinq prochaines années.” Forte de ses 400.000 licenciés, la Fédération Française de golf, boostée par le retour du golf aux Jeux Olympiques en 2016 et la candidature de la France à l’organisation de la Ryder Cup en 2018, n’a rien contre le fait de déboucher des magnums de Champagne. Un geste qui symbolise les (rares) victoires françaises sur les greens.
Arnaud Brély . (www.lepetitjournal.com) vendredi 22 janvier 2010