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CINEMA - Les enfants et la guerre |
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jeudi 20 avril 2006 |
Le conflit irakien du point de vue de ses plus jeunes victimes : Les tortues volent aussi (Las tortugas también vuelan) est un film parfois tendre et drôle, le plus souvent cru et dur, qui marque longtemps les esprits
Mars 2003. Les habitants d’un camp de réfugiés du Kurdistan irakien, tout près de la frontière iranienne, ont recours aux services d’un jeune orphelin surnommé Satellite pour les aider à trouver et installer l’antenne parabolique qui leur permettrait d’en savoir plus sur l'attaque imminente de l’Irak par les Etats-Unis. Aucune nouvelle du conflit ne parvient jusqu'alors, à cette région reculée.
Le jeune garçon est le chef d’une bande d’orphelins prêts à tout pour survivre, même à ramasser au péril de leur vie les mines antipersonnel dont les alentours du village sont truffés. Fier et arrogant, il n’en reste pas moins un garçon au grand cœur qui se sacrifiera pour sauver un enfant plus petit que lui. L’enfance volée C’est finalement un jeune orphelin mutilé, arrivé récemment au village avec sa sœur et leur petit frère, qui prédit le début de la guerre. Pour les enfants, vient l’heure de s’armer… Les Tortues volent aussi est plus qu’un plaidoyer contre la guerre : c’est un film qui donne la parole à ceux qui sont toujours les premières victimes des conflits, et qui, souvent estropiés et toujours traumatisés par leur expérience, deviennent adultes prématurément.
Le réalisateur kurde Bahman Ghobadi, raconte qu’il a voulu parler de ceux dont on ne parle jamais, et faire en sorte que pour une fois Bush et Hussein n’aient que le second rôle.
Le résultat est un film fort, cru et poignant ; les jeunes acteurs, dont les mutilations démontrent que les rôles ne sont pas de composition, sont profondément touchants. On en ressort le cœur serré. Anna BILIEN. (LPJ - Santiago) 21 avril 2006
Las tortugas también vuelan (Les tortues volent aussi) - Irano-iraquien, 2004, 95 minutes. Un film de Bahman Ghobadi. Dans les salles depuis le 20 avril 2006 |