Mardi, 14 Février 2012

Non, Michel Barnier, le commissionné au marché intérieur européen, ne "tuera pas la poule aux œufs d’or" qu’est plus ou moins la City, néanmoins des rationalisations des règles financières sont en cours dans l’objectif du G20, une politique en rupture avec son prédécesseur irlandais Charlie Mc Creevy

La semaine dernière le Français Michel Barnier a été appelé à réaliser son "examen de passage"devant les eurodéputés en vue de sa toute prochaine gestion des affaires relatives au marché intérieur européen. Il s’est déclaré favorable à une vraie régulation des marchés et s’est expliqué en réponse à un élu britannique qui l’accuse de vouloir "tuer la poule aux œufs d’or"de la City. Il soutient notamment qu’il faut savoir "tirer des leçons de la crise"et "inverser la tendance, dans l'intérêt même de l'industrie financière". Il parle d’une "régulation intelligente"et bien sûr on se dit qu’on en attend pas moins ! Il assure qu’il prendra ses décisions en accord avec les objectifs de G20 (c'est-à-dire ni à Londres, ni à Paris), en prenant en compte les principales puissances économiques.
Dans la ligne de mire des régulations, il cite entre autres les secteurs des ventes à découvert (qui dopent les spéculations) et les produits dérivés (par exemple les contrats de couverture de prix qui alimentent la spéculation) en particulier ceux sur les matières premières, agricoles, qui pourraient amener à une crise alimentaire. Actuellement, 80 à 85% des produits dérivés échapperaient à tout contrôle et Michel Barnier dit souhaiter "inverser les proportions". Enfin, il souhaite redonner au marché européen une "dimension humaine et sociale"qui défendrait les petits épargnants.

Qu’en pensent les Britanniques et les Français
Selon un sondage IFOP (réalisé en exclusivité en janvier pour le journal Le Monde), l’ensemble des citoyens britanniques et français sont favorables à forte régularisation des tractations financières ainsi qu’à une taxe sur les bonus des traders mais dans l’ensemble ils n’ont plus confiance dans les banques : 75% (France) et 73% (R.U) des citoyens doutent de l’efficacité de cette taxe et une grande majorité pense que les banquiers n’ont pas tiré de leçons de la crise. En ce sens, l’opinion publique soutient les gouvernements britanniques et français dans leurs démarches pour réguler l’industrie financière.

Texte et photo d’Héloïse Grasset (www.lepetitjournal.com - Londres) jeudi 21 janvier 2010