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ENTRETIEN - "La frontière orientale de l'Europe n'est pas sécurisée" |
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jeudi 20 avril 2006 |
Radu Tudor, expert en stratégie militaire, collaborateur au quotidien Jurnalul National et correspondant de la prestigieuse revue britannique Jane's Defence, explique les récents changements de Bucarest en matière de sécurité nationale et insiste sur le besoin de stabilité dans la région de la mer Noire
LPJ - Les lois sur la sécurité nationale ont été récemment modifiées. Dans quel but? Radu Tudor - Les lois sur la sécurité nationale reflètent le nouveau statut de la Roumanie en tant que membre de l’OTAN et futur membre de l’Union européenne. Les lois qui prévalaient jusqu’à présent, et depuis 1991, étaient basées sur un contexte totalement différent, quand la Roumanie faisait partie du Pacte de Varsovie. Ces nouvelles lois, établies sur les recommendations du bureau de sécurité de l’OTAN, signifient que le pays remplit tous les standards européens et euro-atlantiques en matière de sécurité et de défense.
LPJ - Quelles seront les conséquences de ce changement pour les services roumains de renseignement? Radu Tudor - Leurs activités devraient être dorénavant moins ambigües que dans le système actuel. Les services roumains de renseignement auront sans doute davantage de pouvoir mais seront aussi mieux contrôlés et devront, le cas échéant, répondre de leurs actes devant la Justice. Ceci dit, je crois que le Parlement devrait jouer un rôle plus important de surveillance. De nouveaux objectifs et de nouvelles responsabilités sont désormais accordés aux services de renseignement qui, à mon avis, nécessitent davantage de contrôle.
LPJ - Sur le plan régional, sécuriser le pourtour de la mer Noire semble être l’un des objectifs majeurs de Bucarest… Radu Tudor - La Roumanie essaie de faire comprendre à ses alliés de l’OTAN et à ses futurs partenaires de l'Union européenne que la frontière orientale de ces deux institutions n’est pas sécurisée, et qu’elle est en proie aux trafics humains et de drogue ainsi qu’aux ventes illégales d’armes. Si l’Union européenne et l’OTAN ne réagissent pas et ne portent pas davantage d’attention sur la région de la mer Noire, les conflits gelés en Transnistrie ou en Ossétie risquent de dégénérer. L’intégration de l’Ukraine ou de la Géorgie au sein de l’OTAN ne pourra pas se faire si ces confllits ne sont pas réglés une fois pour toute. Par ailleurs, la Turquie joue un rôle dangereux en soutenant Moscou et son désir que la mer Noire reste un ¨lac gelé¨.
LPJ - Comment envisagez-vous le futur des relations privilégiées entre la Roumanie et les Etats-Unis une fois que le pays fera partie de l’Union européenne? Radu Tudor - Leurs relations évolueront de façon naturelle. Je suis convaincu qu’aussi longtemps que des pays comme l’Allemagne, l’Italie ou l’Espagne auront des bases américaines sur leur sol, l’Union européenne et l’OTAN trouveront toujours un terrain d’entente sur les questions de sécurité et de défense. D'ailleurs, l’OTAN et l’Union européenne coopèrent davantage, et la Roumanie contribuera également aux missions que ces deux institutions lui donneront. Propos recueillis par Laurent Couderc (LPJ - Bucarest) 21 avril 2006
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