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PLAN UE 2020 - L'Espagne, entre éloges et critiques |
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lundi 18 janvier 2010 |
Début janvier, José Luis Zapatero annonçait les principaux objectifs de la présidence espagnole de l'Europe. Parmi ceux-ci figurait évidemment la sortie de crise et la relance économique. Le futur plan UE 2020 reprendra les principales propositions en matière de politique économique européenne. Alors que la première réunion officielle sur le sujet aura lieu le 11 février prochain à Bruxelles, déjà, les premières critiques se font entendre...
(Photo Creative Commons fdecomite)
Le plan UE 2020 Après l'échec de la stratégie de Lisbonne lancée en 2000 (elle devait faire de l'Union l'espace économique le plus compétitif du monde endéans les 10 ans), l'Europe et l'Espagne, à sa tête dans le cadre de la présidence, veulent se doter d'une nouvelle politique économique. La commission européenne va donc développer un plan qu'elle promet audacieux. La première mouture du plan reprend trois grandes pistes de travail. Le premier point concerne la création de valeur en basant la croissance sur la connaissance. Il s'agit donc d'optimiser les systèmes d'éducation, d'améliorer les conditions de la création et de l'innovation en général et d'achever l'insertion numérique dans la société européenne. Le deuxième point met l'accent sur la nécessité d'émancipation professionnelle dans le marché européen. Les travailleurs seront amenés à être flexibles, modeler leurs compétences aux besoins du marché. La mobilité professionnelle dans le territoire européen sera encouragée pour rendre l'équilibre entre l'offre et la demande plus stable et le marché du travail plus fluide. Évidemment ces demandes de flexibilité s'accompagnent de mesures sociales assurant la protection du capital humain. Le dernier point vise à créer une économie compétitive et verte. L'idée est d'anticiper la hausse des prix de l'énergie à l'avenir, en investissant et en consommant l'énergie de manière plus intelligente. Pour concilier des besoins économiques et la réalité naturelle du changement climatique, il faudra développer des solutions créatives. Le développement d'un pôle de technologies vertes assurera à l'Europe une importance aussi bien économique que politique.
Des propositions (trop) contraignantes José Luis Zapatero a déjà évoqué de nombreuses pistes de réflexion quant à la nouvelle politique économique de l'Europe. Le président espagnol entend imposer aux pays européens des objectifs de croissance contraignants. Il voudrait associer au nouveau plan des sanctions financières dans le cas du non-respect par un État, des conditions du futur texte. Il propose aussi de permettre à la commission de superviser l'application du plan. Enfin pour lui, le moment est venu pour l'Europe de se doter d'un gouvernement économique.
La France adhère, Allemagne et Italie grognent Quelques pays se sont déjà prononcés en faveur de certaines de ces propositions, la France par exemple, qui souhaite depuis longtemps la création d'un gouvernement économique européen. Mais d'autres États ont fait entendre leurs critiques. Dans la presse italienne, on invoque des erreurs dans le choix des thèmes traités au niveau européen. En Allemagne, le quotidien Der Tagesspiegel reproche à Zapatero un manque de modestie, surtout quand on connaît les mauvais résultats économiques de l'Espagne. On lui reproche aussi de ne pas prévoir de mesures pour l'assainissement des dettes des Etats en Europe. Le ministre allemand de l'Économie, pour sa part, a déjà fait savoir qu'il ne considérait pas judicieuse l'idée des sanctions proposée par le président espagnol. Le débat pour la rédaction de la future politique économique européenne s'annonce donc d'ores et déjà agité... Dossier à suivre.
François KOCH (www.lepetitjournal.com - Madrid) lundi 18 janvier 2010
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