Mardi, 14 Février 2012
La chancelière allemande et son gouvernement viennent de passer la barre symbolique des cent premiers jours. Le premier bilan n’est pas à l’avantage de la nouvelle coalition qui doit faire face à plusieurs crises.

Après 100 jours au pouvoir, quel bilan? (Angela Merkel saluée par le président du Bundestag un mois après sa victoire aux élections. Photo. CDU_presse)

Le 27 septembre dernier, l’excellent score du parti libéral FDP lors des élections parlementaires allemandes avait permis la mise en place d’une coalition CDU-CSU / FDP avec à sa tête Angela Merkel. Une nouvelle constellation qui, non seulement renvoyait le SPD dans l’opposition après onze ans passés au gouvernement, mais qui laissait également les mains libres à la chancelière pour pouvoir mettre en œuvre sa politique.
A la mi-janvier, 100 jours après le début de son deuxième mandat, le bilan d’Angela Merkel est pourtant loin d’être reluisant. Elle a certes dû faire face à des problèmes conjoncturels au premier rang duquel la crise économique qui a touché de plein fouet l’Allemagne. Avec une croissance en berne à -5% pour 2009, l’économie allemande connaît une morosité accentuée par la perte d’un trophée donc les Allemands étaient extrêmement fiers : celui de champion du monde des exportations. Ce sont désormais les Chinois qui endossent ce rôle.

L’affaire du Kunduz
Deuxième déconvenue pour cette première période d’Angela Merkel II : l’affaire du Kunduz. Ce bombardement dans la province d’Afghanistan aura finalement provoqué la chute du ministre de la défense d’alors, Franz-Joseph Jung. Le départ de celui qui était devenu après les élections ministre du travail a obligé à un mini-remaniement un mois à peine après la mise en place du gouvernement initial. Ce scandale a également remis en question le comportement de l’actuel ministre de la défense et coqueluche de la CSU, Karl-Theodor zu Guttenberg mais aussi de la chancelière elle-même.

Promesses électorales ou rigueur budgétaire ?
En passant rapidement sur l’échec de la conférence internationale sur le climat à Copenhague où la « Klimakanzlerin » n’a pas pu jouer le rôle de leader qu’elle s’était pourtant fixé, c’est bien sur la question des impôts que le gouvernement bute le plus en ce moment. Le parti libéral FDP a basé – et gagné - sa campagne électorale sur sa devise habituelle : baisser les impôts. Mais face à la réalité de la dette grandissante, des caisses qui se vident et également de la résistance du nouveau ministre des Finances, Wolfgang Schäuble, ces baisses n’ont pas vraiment vu le jour.

L’échéance de la Rhénanie du Nord-Westphalie
Les dissensions internes entre CDU, CSU et FDP apparaissent donc déjà au grand jour. Au sein même de la CDU, les critiques se font entendre pour contester le manque de leadership d’Angela Merkel et critiquer son manque de prise en compte des électeurs traditionnels. Les deux « petits » partis du gouvernement baissent dans les sondages et provoque donc le passage de la majorité actuelle sous la barre des 50%. Un signe inquiétant pour la chancelière alors que se profilent à l’horizon des élections régionales importantes en mai en Rhénanie du Nord-Westphalie, la région la plus peuplée d’Allemagne.
Sébastien Vannier (www.lepetitjournal.de) lundi 18 janvier 2009

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