Malgré les milliers d’opposants qui campaient à l’extérieur du Parlement, le projet de train à grande vitesse qui doit relier Hong Kong à Pékin a été voté tard dans la nuit de samedi. Bientôt les travaux, d’un montant très controversé de 66.9 milliards d’HKD, commenceront pour aménager les 23 kilomètres destinés à rejoindre la future ligne ferroviaire en construction en Chine continentale
Après trois reports consécutifs et 27 heures de débats, le projet de train à grande vitesse qui doit relier Hong Kong à Pékin, a finalement été ratifié à 31 voix contre 21. Un vote à l’arrachée, malgré les réticences des députés Pro Démocrates qui ont avancé 27 motions à l’encontre de ce gigantesque projet et soulevé de nombreuses questions en vue de retarder le vote. Les travaux commenceront donc bientôt sur les 23 kilomètres de ligne souterraine qui doivent traverser certains quartiers de Hong Kong et rejoindre les 16.000 km de ligne à grande vitesse qui mèneront à la capitale chinoise. Le montant de la facture permettant la création de la ligne ferroviaire et de l’ensemble des routes et infrastructures s’élèvera à 66.9 milliards d’HKD. Rapporté au nombre de kilomètres, ce projet a été estimé comme étant le plus cher au monde (2.57 milliards d'HKD du km).
Les hongkongais inquiets
Particulièrement controversé au cours de ces dernières semaines, le projet de ligne à grande vitesse entre Hong Kong et Pékin inquiète les Hongkongais. Les 8.000 manifestants postés devant le Parlement au moment du vote n’ont pas réussi à faire entendre leur voix et regrettent de ne pas avoir suffisamment été consultés. A l’annonce des résultats, certains d’entre eux ont tenté de faire irruption dans l’enceinte du Parlement, mais ont rapidement été bloqués par la police. Parmi les craintes majeures soulevées par les opposants, le déplacement nécessaire des habitants des quartiers concernés par le passage du train, l’accroissement du trafic urbain pendant la durée des travaux, les conséquences néfastes sur la qualité de vie dans les Nouveaux Territoires et de nombreuses inquiétudes liées à l’environnement. Certains mécontents avancent aussi qu’il aurait mieux valu utiliser le montant exorbitant des futurs travaux (66.9 milliards d’HKD) à la lutte contre la pauvreté qui sévit à Hong Kong.
Désenclaver Hong Kong
Il semblerait que les opposants au projet ne parviennent pas à déceler les avantages mis en avant par les autorités hongkongaises. Le Gouvernement local promet notamment la création de nouveaux emplois, le désenclavement de la ville de Hong Kong et déclare qu’elle aurait, à terme, inévitablement été marginalisée du point de vue économique. L’économie locale devrait disent-ils être «boostée» par cette nouvelle ouverture sur la Chine continentale et la réduction des temps de trajet vers les principales villes chinoises. Shanghai et Pékin sont aujourd’hui respectivement à 20 et 24 heures de train de Hong Kong. Les deux villes ne seront bientôt plus qu’à 8 et 10 heures de l’ancienne colonie britannique, le train à grande vitesse pouvant circuler à 350 km/h. La future ligne de chemin de fer offrira d’autre part, une alternative au transport aérien.
Vanessa Avrillon (www.lepetitjournal.com/hongkong.html), lundi 18 janvier 2010