Selon BayTSP, une entreprise spécialisée dans le dépistage de piratage, l'Espagne serait la reine du téléchargement. Viennent en deuxième place l'Italie et en troisième la France ! Ces chiffres sont à prendre avec les pincettes d'usages. Les proportions d'usagers téléchargeant illégalement restent difficiles à calculer avec précision. Quoi qu'il en soit, les gouvernements français et espagnols cherchent à lutter contre ce nouveau phénomène
(Photo Lepetitjournal.com)En France, c'est simple. En théorie. Hadopi 2 devrait officiellement être applicable dès avril. Le principe de base : sanctionner les utilisateurs récidivistes par une "riposte graduée". Le surfeur téléchargeant illégalement reçoit un mail. La deuxième fois, il reçoit un courrier recommandé. Au troisième écart, le dossier est envoyé aux tribunaux. Ces derniers peuvent décider de supprimer l'accès à Internet de l'utilisateur. Dans les faits c'est plus compliqué et les multiples commissions s'arrachent les cheveux pour rendre applicable, fiable, et incontournable le dispositif.
En Espagne le problème est posé d'une autre manière : ce sont les sites Internet qui sont visés. Du moins, ceux qui ne respectent pas les droits d'auteurs. La Commission de la propriété intellectuelle, (comparable à la Haute autorité en France) sera chargée de traquer et dénoncer les sites frauduleux. Une ordonnance sera alors demandée à un juge, qui devra décider du bien fondé de la demande. Un site frauduleux pourrait être fermé en un mois. Le gouvernement affirme que les sites qui auront retiré leur contenu illégal volontairement ne souffriront d'aucune sanction. Les sites hébergés à l'étranger pourraient quant à eux être bloqués par les fournisseurs d'accès à Internet, à la demande de la Commission.
Dans les deux pays ces lois provoquent des tollés dans l'opposition et les associations de professionnels d'Internet. Le gouvernement français est accusé de faire une loi inefficace de façade, qui fait souvent rire les spécialistes d'informatique aux détours des forums. En Espagne, l'opposition accuse Zapatero de vouloir réinventer la dictature par Internet. La contestation explose d'ailleurs au sein des réseaux sociaux... Nos gouvernements font face à de nouveaux défis et semblent tâtonner pour trouver les outils adéquats.
Pierre-Yves Hurel (Lepetitjournal.com - Madrid) vendredi 15 janvier 2010Lire également :Les Espagnols hyperactifs sur le webZP hacké en Mr BeanRéseaux sociaux : Spain is differentTour d'horizon de la blogosphère espagnole Rétrospective 2009 : les mots-clés stars du web espagnol Plus d'info :
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