Écrit par Catherine Legras
Le septième art vient de perdre l’un de ses fervents admirateurs et défenseurs. Michael Dwyer, journaliste au Irish Times et grand promoteur du cinéma irlandais à l'étranger, s’est éteint vendredi dernier à l’âge de 58 ans
(Michael Dwyer fondateur du Jameson Dublin International Film Festival - Photo JDIFF) En véritable passionné des salles obscures, Michael Dwyer a mené sa carrière au gré de ses découvertes, de ses coups de cœurs et de ses engagements. Originaire de Tralee dans le Kerry, il avouait avoir attrapé le virus dès son plus jeune âge.
« Très tôt, j’ai pris l’habitude de faire le tour des trois cinémas de Tralee tous les jours après l’école pour m’informer des dernières sorties. Par temps de pluie, mon père venait me chercher, et perdait beaucoup de temps à me trimbaler ainsi de cinéma en cinéma » racontait-t-il.
Michael Dwyer s’est très vite investi dans ce secteur en travaillant pour le
Tralee Film Society puis en 1978 pour la
Federation of Irish Film Societies dont le rôle était de distribuer des films étrangers et d’arts et d’essai dans toute l’Irlande. Michael Dwyer devint en même temps critique de cinéma pour différents journaux comme le
In Dublin et le
Sunday Tribune, avant de débuter sa longue carrière au
Irish Times en 1988 où il y a eu sa chronique hebdomadaire durant plus de vingt ans. Entre temps, le journaliste s’est beaucoup investi pour promouvoir de jeunes réalisateurs et diffuser des films étrangers en Irlande, puis des films irlandais à l’étranger. Il avait notamment lancé le
Dublin Film Festival en 1985 dont il s’était détaché pendant quelques années pour y revenir en 2002, afin de relancer financièrement le festival qui devint alors le
Dublin International Film Festival.
Hommage internationalSon intérêt insatiable pour le cinéma suscite toujours l’admiration de ses pairs. Depuis 1982, Michael Dwyer se rendait chaque année au Festival de Cannes pour y interviewer les grands de cet art. Cette dévotion pour le cinéma et tout le travail accompli en faveur de nouveaux talents lui valut d’être promu Chevalier des Arts et Lettres par le gouvernement français en 2006.
Le monde du cinéma regrette aujourd’hui cette attention toute particulière que portait Michael Dwyer aux films, à ses metteurs en scène et à ses acteurs. Des personnalités comme les réalisateurs Neil Jordan et Jim Sheridan, et des acteurs comme Daniel Day Lewis, Gabriel Byrne, ou Cilian Murphy ont fait part de leur tristesse ces derniers jours. «
Depuis que, dans son enfance, la passion des films a grandi en lui et est devenue le cœur de son travail, de sa vie jusqu’à sa mort, il est resté fidèle à cet amour", a déclaré Daniel Day Lewis,
" Ses critiques n’étaient jamais cruelles mais toujours honnêtes, et justes ».
Catherine Legras (www.lepetitjournal.com/Dublin) mardi 5 janvier 2010