Mardi, 14 Février 2012

Renégociation des contrats, hausse des loyers, investissements, certains petits commerces de fleurs, de fruits et légumes ou encore de vêtements dans les stations de S-Bahn de Berlin pâtissent de la modernisation des stations engagées par la Deutsche Bahn et sont remplacés par de plus grandes enseignes.

Les petits commerçants, vendeurs de fleurs, de fruits et légumes, de vêtements et textiles, disparaissent des stations de S-Bahn de Berlin. A la suite, le plus souvent, de la modernisation des stations, décidée par la Deutsche Bahn, propriétaire à la fois des lieux et des locaux commerciaux. Certains d’entre eux évoquent ainsi des hausses de loyer, qu’ils ne peuvent pas suivre. Ou des résiliations de contrat de location, une fois en fin de bail. Ou encore des investissements, qu’ils sont incapables de réaliser. Avec toujours la même conséquence : mettre la clé sous la porte.

Au nom de la modernisation et de l’accueil des clients
Contactée, la Deutsche Bahn, par l’intermédiaire d’un de ses porte-parole, confirme cette situation en la justifiant par “la qualité de l’accueil des clients et l’apparence extérieure positive des magasins“. “Nous nous concentrons sur l’amélioration de nos stations et souhaitons offrir à nos voyageurs des magasins de grande qualité, explique-t-il. Concernant cette qualité, tout comme la solvabilité des commerces, les mêmes jalons sont d’ailleurs exigés de nos locataires, qu’ils soient de petits magasins ou des filiales de grands groupes. Et dans ce cadre, il a aussi été nécessaire de repenser les contrats de location et le cas échéant, conformément aux termes du contrat et dans les délais impartis, de les résilier“.

Les grands groupes prennent la suite
Tout en concluant avec force que ces changements n’ont ni à voir avec la nature des commerces, ni avec la nationalité des commerçants. “Nous tenons à la diversité de l’offre“, souligne la société allemande des chemins de fer. Certes, les petits commerçants ne sont pas directement ciblés. Mais force est de constater que le plus fragiles sont bien sûr les plus touchés et qu’ils sont aussi souvent d’origine vietnamienne ou turque. Présents de longue date, ils participent aussi à la vie du quartier, notamment pour les plus anciens habitants. Et surtout, cette mise à niveau, si elle est légitime de la part de la Deutsche Bahn, profite principalement aux grands groupes, comme Mc Donald ou Subway dans le domaine de la restauration, dont les filiales viennent remplacer les commerçants partis. Dans des stations de S-Bahn toujours un peu plus lisses et policées.
Gwénaëlle Deboutte (www.lepetitjournal.com/berlin.html), 13 janvier 2009