Mardi, 14 Février 2012
Après sa compatriote Kim Clijsters l’été dernier, Justine Hénin a elle aussi décidé de reprendre sa raquette qu’elle avait laissé dans les placards depuis mai 2008. La Belge ne revient pas pour faire de la figuration mais bien pour reprendre son fauteuil de patronne du tennis féminin. Et remporter Wimbledon, seul tournoi du grand chelem qui manque à son fabuleux palmarès

À 27 ans, Justine Hénin, ancienne numéro 1 mondiale sort de sa retraite pour revenir à ce qu’elle aime : le tennis. Une passion qui avait quelque peu disparu en 2008. Elle avait alors surpris tout son monde en annonçant son retrait du circuit WTA quelques jours seulement avant Roland Garros, dont elle était triple tenante du titre. Elle ne voulait plus de la vie de joueuse de tennis, ne supportait plus les voyages à répétition et avait perdu l’amour du jeu. À 25 ans, elle se retirait avec 41 tournois remportés dont 7 en grand, une victoire en Fed Cup et une place de numéro 1 mondiale. Mais finalement, cette retraite l’a déprimée : “Au début, c'était l'euphorie. J'étais libre. Je profitais de la vie sans contrainte horaire, passais du temps avec ceux que j'aime... Mais au bout de quatre ou cinq mois, vous êtes vide” avoue-t-elle. La vie sans tennis n’était pas faite pour elle. Et quand elle voit Roger Federer réaliser le doublé Roland-Garros – Wimbledon l’année dernière, elle sent qu’elle doit revenir au jeu. La victoire de Clijsters à l’US Open, cinq semaines seulement après son retour sur les courts, lui confirmera que son retour n’a rien d’impossible. Car depuis sa retraite, le tennis féminin n’a pas plus de patronne. Serena Williams est bien numéro 1 mondiale, mais elle ne joue que de temps en temps, avec trois victoires tout de même en 2009 : Open d’Australie, Wimbledon et le Masters !  

Wimbledon, l’objectif ultime
Le contingent russe (Sharapova, Dementieva, Kuznetsova, Zvonareva, Petrova...) n’a pas su prendre les rênes du tennis féminin tout comme les Serbes (Jankovic et Ivanovic) tandis que les jeunes pousses (Wozniacki, Azarenka, Radwanska) ont du mal à émerger. Justine Hénin (AFP) peut donc légitimement prétendre à reprendre place sur le toit du tennis mondial. À condition toutefois de retrouver le niveau de jeu qui était le sien. Pour son retour à la compétition à Brisbane, la Wallonne a battu Nadia Petrova (7/5, 7/5), n°20 mondiale, et prouvé qu’elle n’avait pas perdu grand chose de son tennis. Son revers à une main est toujours une merveille, son sens tactique est toujours aussi aiguisé et son mental, très frais, semble pouvoir la mener vers les sommets. La seule inconnue concerne son physique, la multiplication des matches pouvant s’avérer délicate au début. Son premier objectif sera donc de bien figurer à l’Open d’Australie (18-31 janvier), première levée du Grand Chelem 2010. Ensuite, et seulement ensuite, elle s’attaquera à son graal ultime : le doublé Roland-Garros - Wimbledon. Plus que la place de numéro 1 mondiale, elle désire par-dessus tout inscrire son nom au palmarès du Majeur anglais, le plus beau tournoi du monde. Et quand on connaît l’âme de compétitrice de Justine, on se dit que cette quête n’a rien d’illusoire.
Jérémy Patrelle (www.lepetitjournal.com) mercredi 6 janvier 2010