Mardi, 14 Février 2012

Coïncidence? Hasard du calendrier? Toujours est-il que le vice-président chinois Xi Jinping est arrivé au Cambodge dans les heures qui ont suivi la déportation de 22 dissidents Ouïghours vers la Chine. L'occasion pour les autorités cambodgiennes de signer quelque 14 accords économiques avec la grande puissance régionale, le montant total de ces contrats serait supérieur à 1,2 milliard de dollars. De quoi donner du baume au cœur au gouvernement cambodgien sous le feu des critiques depuis quelques jours pour avoir refusé l'asile aux réfugiés ouïghours et pour les avoir renvoyés sans même attendre que le Haut Commissariat aux Réfugiés des Nations Unies (HCR) ne statut sur leur sort. Le porte-parole du département d'état américain Gordon Daguid a ainsi averti que ces expulsions pourraient "gravement affecter les relations du Cambodge avec les Etats-Unis", ces derniers "s'opposent fermement à ces déportations." Les observateurs locaux ne sont pas en reste, ainsi Ou Virak du Centre Cambodgien pour les Droits de l'Homme (CCHR) estime que les autorités cambodgiennes voulaient "faire preuve de bonne volonté" en préparation de la visite du vice-président chinois.  Et de préciser au Phnom Penh Post que la crédibilité du Cambodge a été "fragilisée" par cette expulsion. Un point de vue que ne partage pas le porte-parole du gouvernement cambodgien, Khieu Kanharith, "La Chine nous a remercié d'avoir aidé à renvoyer ces personnes en Chine, ce sont des criminels selon la loi Chinoise."
SK (www.lepetitjournal.com/cambodge.html) mercredi 23 décembre 2009